Trente-sept personnes, dont des touristes étrangers, ont été tuées vendredi lorsqu’un terroriste a ouvert le feu dans un hôtel à Sousse, le pire attentat de l’histoire récente de la Tunisie. Cette attaque intervient aussi le même jour qu’un attentat revendiqué par le groupe Etat islamique (25 morts) au Koweit et la décapitation d’un homme en France.

Le président Béji Caïd Essebsi, qui s’est rendu sur les lieux de l’attaque, a jugé que ces attaques étaient «la preuve qu’il faut une stratégie globale et que tous les pays actuellement démocratiques doivent unir leurs forces». «La Tunisie est face à un mouvement international. Elle ne peut répondre toute seule à cela», ajoute Essebsi.

Le bilan s’élève à au moins 37 morts et 36 blessés

Des personnes de nationalité britannique, belge, allemande et norvégienne figurent parmi les blessées. Des touristes figurent parmi les morts mais le ministère de l’Intérieur n’était pas en mesure de dire combien.

Les autorités ont indiqué que l’attentat avait été commis par un étudiant tunisien inconnu des services de police. «Il est originaire de la région de Kairouan», l’une des villes saintes de l’islam située dans le centre de la Tunisie, a déclaré le secrétaire d’Etat aux affaires sécuritaires, Rafik Chelly. «Cette personne n’était pas connue» de nos services, a-t-il ajouté à l’antenne d’une radio FM, ajoutant qu’«a priori, un seul élément» a mené l’attaque avant d’être tué.

Un touriste britannique a indiqué à la télévision SkyNews que l’attaque s’était produite vers midi. «Mon fils de 22 ans venait de retourner se baigner (…) quand on a vu à une centaine de mètres à notre gauche ce qu’on pensait être des feux d’artifices», a raconté Gary Pine, venu de Bristol, dans le sud-ouest de l’Angleterre. «C’est seulement quand on a commencé à entendre des balles fuser qu’on a réalisé que c’était beaucoup plus grave que des feux d’artifice». «J’estime avoir entendu une vingtaine ou une trentaine de coups de feu, il y en avait pas mal», a-t-il dit.

Appel à la vigilance 

L’ambassade de France à Tunis a appelé ses ressortissants par SMS à la «vigilance» et à «limiter les déplacements et à éviter les rassemblements». Le président français François Hollande et son homologue tunisien ont exprimé «leur solidarité face au terrorisme» après les attentats qui ont visé les deux pays. En 2013, un kamikaze s’était fait exploser sur une plage de Sousse, mais sans faire de victimes.

Après l’attaque du Bardo du 18 mars, le secteur stratégique du tourisme a enregistré en avril de très mauvais résultats, avec un recul sur un an de 25,7% du nombre de touristes et de 26,3% des recettes en devises.