Centre National des Arts Dramatiques et Scéniques de Médenine – 1ère journée

Dans le cadre de la 24ème édition du Festival National du Théâtre Expérimental, un séminaire est organisé sous l’égide de l’écrivain et journaliste Noureddine Bettayeb.  Il portait sur la problématique de l’écriture entre l’écrivain dramatique et le metteur en scène. Cette rencontre a réuni nombreux artistes et chercheurs pour débattre de cette question fort importante. La première séance a été présidée par Dr Hamdi Abezza. L’intervention de Dr Farhani est une réflexion sur l’équivocité des notions de « l’écriture », de « la mise en scène », et de «  l’écriture scénique », et ce, de fait de leur traduction arabe et de leur insertion dans la culture islamique. Ces notions restaient liées à la dimension ostentatoire qui marquait notre culture jusqu’aux transformations au niveau de l’acte artistique et l’apparition de nouvelles approches esthétiques, notamment avec la pensée postmoderne et le théâtre postdramatique. Dr Farhani a parlé de la dichotomie écrivain dramatique – qui voulait garder la pureté de son image dans le texte qu’il avait créé à l’image de Narcisse – et le metteur en scène, bridé et gêné par cette image qu’il voulait briser. En effet, chacun veut bâtir son sens, et son image au détriment de l’autre. L’intervenant a établi une analogie avec le mythe universel de Narcisse et l’œuvre monumentale d’ El Messaoudi « Mourouj al dahab », pour conclure que le metteur en scène est cette personne qui altère l’eau pure du texte afin de créer une autre texture textuelle dégageant un nouveau sens inattendu, imprévisible. Il précise qu’il ne s’agit pas en vérité d’un conflit entre les deux mais plutôt une réécriture, ou une intertextualité.

L’homme de théâtre Hamadi Mezzi a débuté son intervention par un hommage à feu Mohamed El Ouni qui avait joué un rôle important dans la création de ce festival, et  Mohamed El Pacha qui l’avait bien soutenu, et  également à tous ceux qui ont contribué à préserver cet acquis et à l’enrichir, entre autres Mounir Argui, qui est à la tête du département du théâtre au Ministère des Affaires Culturelles.  Hamadi Mezzi nous a parlé de son expérience théâtrale en se déplaçant à travers le périple de la feuille blanche et des planches, et ce, au sein des institutions théâtrales étatiques et privées. Sa société de production Sindbad  a abouti à ses 31 ans, produisant un nombre important de créations théâtrales autour de diverses questions et approches esthétiques.

D’autres intervenants ont parlé de leurs aventures théâtrales. Ali Yahyaoui, a affirmé que le recrutement dans une institution étatique exige le travail sur un projet, ce qui est une affaire  dure.  Cependant, en une courte période, il est passé par trois villes, à savoir  Gafsa, Medenine et Tataouine et chacune possède ses spécificités qu’il devait prendre en considération dans chaque projet  théâtral. Tout en étant imprégné par l’expérience de l’écrivain universel Ibrahim El Kouni dont la littérature émanait du monde du sahara, il croit justement en l’importance de travailler sur les localités dans une approche universelle.

Quant à l’artiste et chercheure passionnée Sihem Akil, elle a abordé la problématique de l’écriture entre l’écrivain dramatique et le metteur en scène à partir de l’expérience théâtrale du duo Fadhel Jaibi et Jalila Baccar. Malheureusement elle a été interrompue par le président de la séance Dr Abezza pour des raisons que nous ignorons nous les assistants !

F.M