A bien analyser les manœuvres qui accompagnent les différentes recompositions de l’opposition tunisienne, actuellement, on est conduit à conclure, que tout se réduit à des repositionnements de certains « politiciens » par rapport à l’échéance présidentielle de 2019.

En effet, un très grand nombre de « chefs et sous-chefs » politiques ne pensent qu’à ça ! Et pas seulement en se rasant et en se lavant le visage tous les matins !! Ce mal tunisien a commencé -dans sa nouvelle version- bien avant les élections d’Octobre 2011. La question de la présidence de la République a fait cogiter le petit génie mental de M.Marzouki (CPR), révélant une instabilité mentale psycho-idéologique qui n’a fait que s’aggraver par la suite. Mr Mustpha ben Jaafar (takattul) a conçu son alliance avec les islamistes (Nahdha) pour le même objectif. Si H.Hammami, s’est considéré le président de tous les jusqu’auboutistes-de tout acabit, N.Chebbei s’est représenté comme le chef naturel de la gauche adaptable. H.Hamdi, vivant à Londres,a cru pouvoir se faire élire par la voie de sa télévision et K.Morjane a pensé que le Sahel et les destouriens sont automatiquement acquis à son projet présidentiel……

La guerre de tous contre tous

La « petite constitution » a calmé certaines de ces passions. Marzouki et Ben Jaafar se sont blessés et tués pour le poste de Président de la République, sous le regard malicieux de la Nahdha. Et ainsi, la guerre pour la Présidence s’est déplacée sur un autre terrain : Les partis politiques. En effet, moult fractionnements et divisions se sont opérées au sein des partis nouvellement constitués à cause de combats pour la Présidence de chacun d’entre eux. Ce phénomène, a touché tous les courants idéologico-politiques (islamistes, nationalistes arabes, et baathistes, crypto-marxistes, destouriens). Et si A.Friaa et M.Jgham se sont livrés une guerre au sein de leur parti El Watan, des nouveaux zaïm, ont crée des partis pour leur propre personne (sans armée et sans état major) ! Tel, A. Shabou, A. El Heni, M. Guelmami, H. Amayriya, Mme Karoui, M.Mraïhi, M. El Mekki…. et la liste est encore très longue, sans évoquer les projets présidentiels qui nous sont parvenus par voie aérienne colportés par les fameux ministres et hauts responsables gouvernementaux qui nous ont étés expédiés par les puissances étrangères…(Nous y reviendrons!).

Même l’expérience Nidaa Tounes n’a été en fin de compte qu’une duperie consciente et mutuelle, entre plusieurs projets présidentiels qui ont accepté de -faire provisoirement- une paix pour se préparer à une grande bataille de succession après la disparition politique du Président-fondateur du Parti. Mais c’était compter sans la ruse de l’histoire qui donne parfois raison aux plans des vieux renards, contre les calculs des jeunes loups !!!

Nidaa victime de la guerre des présidentiables

Sous un certain angle de vue, la victoire électorale du Nidaa (et ses suites connues) n’a été qu’une grosse tromperie. La Nahdha s’est désintéressée de la question de la Présidence de la République. Elle s’est débarrassée aussi des alliés encombrants et perdants (CPR et TAKATTUL) et a fait croire à B.C.E qu’elle s’est rangée de son côté dans ses projets, politiques, dynastiques et personnels. Son objectif était de rester dans les arcanes et les vestibules du pouvoir pour sauver le présent et l’avenir islamiste. BCE n’a conçu les élections de Novembre 2014, que sous l’angle de l’importance de l’élection présidentielle. Ceci n’est pas seulement une question de conviction politico- constitutionnelle (préférence pour le régime présidentiel, écarté par la constitution de Janvier 2014), mais aussi pour les projets avoués concernant le leadership politique au sein de Nidaa et au niveau national. Les différents « petits chefs » du Nidaa croyaient s’être débarrassés de BCE et de son encombrant leadership au sein de Nidaa immédiatement après les élections en attendant de se débarrasser de lui au niveau national à partir de 2019 !!!

Tous les rivaux de HCE en ont eu pour leurs comptes.. !! Ils ont récolté beaucoup de vents et de tempêtes …et ils se retrouvent, aujourd’hui, à rejouer la pièce dès le début : se rassembler, se structurer pour se diviser en vue des prochaines présidentielles (surtout de la part de M. Marzouk et Faouzi Elloumi!!), d’autant plus que personne ne peut prévenir ce que serait la décision de BCE ; ou dans certaines hypothèses ce que serait l’option de Y.Chahed ou de …N.Jelloul ! Ou d’autres dissidents ou légitimistes….La pièce sera certainement plus mouvementée qu’en 2014 …

Mais aujourd’hui, voilà que revoilà, nous commençons à nous préparer à un autre acte de la pièce de 2013-2014. En effet, le déséquilibre politique crée par l’alliance Nidaa-Nahdha, impose une stratégie de rééquilibrage politique pour pouvoir sauvegarder les acquis modernistes et démocratiques de la société et de l’État tunisiens. Seulement « Le Front Démocratique du Salut » qui s’est proclamé acteur de ce projet de rééquilibrage semble avoir du plomb dans ses ailes à cause de la multiplicité des projets spécifiques des différentes composantes du dit FDS.

Faux fronts et fausses alliances

Au sein de la galaxie FDS, les partis, thawabet, watad, PS, ne cherchent qu’à exister. L’UPL, ne vise qu’a réussir sa restructuration ; Le parti Mashrou Tounes à éviter sa dislocation menaçante. Par ailleurs, nous savons qu’en dehors de possibles « combinlesationne », rien n’arrêtera les candidatures présidentielles de M.Marzouk, Slim Riahi, Faouzi Elloumi, Kamel Ennabli, sans parler d’une dizaine de candidatures qui ne se proclament pas dès maintenant . Nous avons aussi les candidatures inévitables et éternelles de N.Chebbi, H. Hamdi, M.Marzouki ; H.Hammami, (ou quelqu’un d’autre du FP) et celles prévisibles de M.Znaïdi, Y.Brahimi ; M.Ben Jaafar, H. Essid..etc), viendraient garnir le paysage politique tunisien qui virerait ainsi, encore plus vers l’ubuesque…

Il est évident, que les différentes gesticulations actuelles, ne sont pas un travail de recomposition politique, mais de simples manœuvres politiciennes pour former des écuries présidentielles. Les manœuvres s’intitulent abusivement, formation de Front ou édification de parti politique ou constitutions de Think Tanks ou association… On est loin de l’élaboration de vrais stratégies politiques pour sauver le pays, de ses crises qui vont en s’aggravant (depuis 2011), et on est loin de se soucier de l’émergence d’un nouvel équilibre politique dans le pays qui sauverait ses acquis et qui éloignerait le double spectre de l’effondrement général, et de la main mise islamiste.

Pire encore, il est possible, que le prochain locataire de Carthage ne sera pas parmi les noms cités plus haut (ou qu’il sera le moins bons parmi eux), mais plutôt, l’homme qui saura injecter dans la campagne électorale le plus d’argent plus ou moins sale, et plus ou moins d’origine extérieure et travaillant plus sur un agenda extérieur … !! L’argent et l’agenda extérieur ….voilà les deux clefs qui pourraient affiner la compréhension de ce qui se passe…. et de ce qui se passera au niveau électoral dans notre pays…

Par Dhia Slama