Dans une déclaration surprenante, commémorant le sixième anniversaire de « La Révolution », le Président du gouvernement Y.Chahed, avoue que tous ses prédécesseurs ont échoué sur le plan social et économique, et que seuls des acquis politiques ont étés enregistrés, durant ces années de turpitude. C’est la première annonce officielle de la mort de la « révolution » ! Ce bilan est largement partagé par les analystes de tout bord notamment par les chroniqueurs des grands médias audio-visuels ! Plus, les gouvernements étrangers, ainsi que la presse occidentale, commencent à mettre en doute, l’idée d’une réussite de l’exception tunisienne, suite à la déroute spectaculaire du dit « printemps arabe » dont l’élan fût brisé sur les murs d’Alep en Syrie ! La Tunisie n’est plus comme par enchantement le « success story » de la « Révolution » arabe, mais un pays « exportateur du terrorisme », un « vivier de terroristes », une région où il ne serait pas bon d’envoyer ses citoyens passer des vacances, un État non solvable, puisque même le F.M.I, menace de lui couper les vivres, et qui comme pour ajouter au désarroi, vient de perdre ses grands parrains, Barak Obama et Hilary Clinton ! Encore plus, personne ne peut plus parier un « sourdi ahmar », sur un gouvernement de coalition Nida-Ennahdha, sachant que le parti islamiste est dans le collimateur de l’administration Trump, puisque figurant sur la liste des organisations affiliées aux Frères Musulmans, contenue dans le projet présenté au Congress pour les déclarer « organisations terroristes ». Les déclarations de Trump sur les frères musulmans ne laissent plus aucun doute sur les intentions réelles de la nouvelle administration, de remettre en cause la stratégie américaine, concernant le soutien à la participation de l’Islam politique au pouvoir dans les pays musulmans. Le changement d’alliance de l’ex allié Erdogan qui désormais flirte avec la Russie enterrera à jamais cette stratégie catastrophique pour les intérêts américains ! D’ailleurs Trump compte changer tous les ambassadeurs US, qui ont servi cette stratégie.

Un système politique, qui institua le NON-ETAT

Un proverbe arabe dit : « Faux est tout ce qui est construit sur le faux ! ». Le système politique engendré par les errements de l’après 14 Janvier 2011, et qui enfanta la nouvelle constitution, traduit bien l’incurie de la nouvelle classe politique, puisqu’il institutionnalisa, le NON-ETAT ! Ce système n’ayant d’équivalent dans aucun pays au monde, crée de fait un vide du pouvoir, puisqu’il ne permet ni au chef de l’État, ni au chef du gouvernement d’exercer le plein pouvoir, car l’exécutif devient un hydre à deux têtes ! Ce que BCE a très vite compris, qui, usant de son pouvoir de nommer le chef du gouvernement, a fait en sorte que celui ci, et cela aussi bien pour le gouvernement Essid que Chahed, soit son « caniche » pour emprunter la phrase à la presse anglaise qui qualifiait ainsi Tony Blair et son asservissement inconditionnel à W.Bush. Résultat, un octogénaire et un novice gouvernent le pays, grâce à la bénédiction d’un « shaykh » atteint lui aussi de Parkinson, qui plus est Frère Musulman ! Quant au Parlement, il est relégué tout simplement au rôle d’une caisse de résonnance des accords ou désaccords entre les deux patriarches ! De quels espoirs voulez vous que cette pseudo-révolution soit porteuse ? D’ailleurs, la révolte qui gronde, dont les signes avant-coureurs sont les différents soubresauts qui secouent les régions, est une réponse cinglante à tous ceux qui prétendent qu’une révolution a bien eu lieu.

On l’a vu, la Tunisie est depuis le 14 Janvier 2011, sur une courbe descendante, dans tous les domaines. Tous les indicateurs sont au rouge et rien n’indique, qu’un redressement de la courbe pourrait avoir lieu dans les années qui viennent ! Une descente vertigineuse dans les abîmes du terrorisme, de la violence, de la criminalité, de la contrebande, de la pauvreté extrême, sans que l’État puisse stopper, si non ralentir cette chute ! La cause principale de cette dégénérescence généralisée, est l’instauration de ce système bâtard née d’une « révolution » illégitime. Il ne s’agit pas d’une révolution qui a échoué, mais d’un coup d’État qui a aboutit à la destruction systématique de l’État. Où sont passés tous « les révolutionnaires » qui nous promettaient des lendemains qui chantent une fois débarrassés de la « dictature » ? Que sont devenues les promesses d’un modèle de développement différent, qui garantirait croissance et justice sociale, modèle qui n’a jamais existé que dans leurs têtes ? En dehors d’une poignée de gauchistes, qui continuent à se mentir et mentir au peuple, il n y a point de modèle de développement meilleur que celui adopté par l’État tunisien post-indépendance et qui a permis au pays de se hausser au rang des pays émergents ! Tout le reste n’est que chimères et mensonges ! Quant aux libertés et autres droits de l’homme, elles n’existent actuellement que parce que les différents gouvernements qui se sont succédé sont tellement faibles pour agir ou affronter leurs adversaires et l’on peut donner comme exemple cette incapacité de dissoudre ou de mettre hors la loi un hizb attahrir, parti ouvertement hostile à tout État de droit et aux libertés, mais qui à notre sens ne représente aucun danger, comparé au danger réel que constitue le parti islamiste Ennahdha, au regard de son rôle dans le développement du terrorisme et dans la dislocation de l’État.

Un état non souverain est un beylik

L’on sait que depuis Carthage, le seul État tunisien souverain est l’État de l’Indépendance ! Les Beys, même si certains parmi eux avaient tenté de sauvegarder un minimum de souveraineté, n’étaient que les représentants de la Sublime Porte! Ils tenaient plus leur légitimité du Firman du Sultan Ottoman, que d’une quelconque force politique intérieure, ce qui les amenaient tout le temps à sévir contre les tribus récalcitrantes ou réfractaires. Après la Tunisie fût un simple protectorat français. Seul l’État de l’Indépendance, grâce au génie de Bourguiba, a réussi à se doter d’une légitimité populaire, fruit de la lutte pour l’Indépendance, et de l’œuvre de développement ! Ben Ali, autocrate qu’il était, a réussi quand même à préserver cette indépendance politique malgré vents et marées, ce qui lui a valu d’ailleurs, d’être écarté par un putsch déguisé en « Révolution » ! Depuis, les puissances étrangères « amis »  ainsi que les puissances régionales règnent en maîtres absolus et pèsent sur toutes les décisions qui concernent notre défense nationale et notre politique étrangère. La signature du fameux document instaurant une «alliance stratégique » avec les USA, par l’actuel chef de l’État a fait passer notre pays d’un État souverain en un État suzerain et vassal ! Du fait de cette alliance, notre politique étrangère, déjà mise à mal par le sulfureux Marzougui, n’est plus que l’ombre d’elle même ! Alors que le vent tourne à grande vitesse au moyen Orient, et en Libye, la diplomatie tunisienne assiste sans broncher, sans prendre d’initiative, et sans se prononcer, car hypothéquée par ce fameux MoU, signé avec Obama, au moment même où l’administration Trump s’apprête à recentrer sa stratégie, ses alliances, et ses objectifs ! Pire encore, dans les accords discutés entre notre pays et les USA, il est question du retour des terroristes qui se battent en Syrie ; qu’ils nomment Djihadistes, et que les occidentaux ont envoyé par centaines de milliers pour se battre contre le régime d’Assad ! Ce qui explique les déclarations impromptues du chef de l’État et de Ghannouchi, ce dernier étant impliqué ainsi que son mouvement dans l’enrôlement et le convoi des légions de Djihadistes. Voilà jusqu’où mène la perte de souveraineté ! Mais c’est loin d’être le seul exemple, notre politique à l’égard de l’imbroglio libyen en est un autre, car, ceux qui règnent sur Tripoli, sont ceux là même que le gouvernement Essebsi a aidé à prendre le pouvoir en 2011, en laissant passer les armes pour les milices anti-khaddafi à l’époque. Or le gouvernement Hafter de Benghazi aidé par l’Egypte et la Russie gagne du terrain et risque bientôt de contrôler Tripoli et donc notre frontière sud, dont l’ouverture ou la fermeture risquent de décider du sort de toute la région de Médnine à Benguerdane ! Encore une fois l’échec de la diplomatie tunisienne est patent et le gouvernement patauge complètement en raison des liens multiples qui le lient au gouvernement de Tripoli sans que cela lui permettre de dénouer la situation.

Le gouvernement Chahed, qui n’est qu’un gouvernement de lobbys et de lubies, reflète les incohérences et la perversité du système politique actuel ! Cela ressemble étrangement au gouvernement de Sadok Bey à la veille du protectorat à la fin du dix neuvième siècle et point à celui de Kheireddine Bacha ! Un gouvernement de Beylik qui ne contrôle que la Kasbah et encore ! La révolte qui gronde dans les régions « siba » (rebelles) risque de s’étendre au reste du pays ! Mais cette fois-ci l’oncle Sam, qui a d’autres chats à fouetter, risque de ne pas voler au secours de ses protégés! Les Mc Kain et les Clintons ont déjà plié baguage !