Chassez le naturel, il revient au galop ! C’est un proverbe, mais c’est aussi une loi de la physique et de la nature à tel point que la Psychologie des profondeurs de Karl Gustave Jung l’étend à l’Inconscient Collectif et à la psychologie des foules et le mouvement Ennahdha est par excellence « une foule ».

La débandade du camp moderniste

Le verdict prononcé par un juge, un illustre inconnu, qui fera annales dans l’histoire de la justice en Tunisie, innocentant les assassins de Lotfi Naqdh, militant anti Nahdha avant qu’il ne porte une étiquette partisane, ainsi que les réactions des nahdhaouis et de leurs satellites, prouvent sans aucun doute que le parti islamiste a bel et bien phagocyté et la justice et la société et qu’il contrôle au moins une partie de la machine judiciaire, qu’il manipule comme bon lui semble, et qu’on face de lui, dans la société et dans l’État, il n’y a que le Néant. Que ce verdict de la honte, soit le fruit d’une compromission de hauts responsables de l’État avec le parti religieux, pour sauvegarder et protéger leurs intérêts politiques et matériels et on est enclin de le croire, vu les autres compromissions qui ont précédé, ou qu’il soit révélateur de l’incapacité de ces mêmes hauts responsables de faire barrage à la mise au pas progressif de la haute administration et autres rouages de l’État, par le parti de « Dieu », le constat final est le même : Conformément à la stratégie de tamakkun, chère aux frères musulmans, l’État est définitivement tombé entre les griffes de l’Islam politique. Les représentants du courant moderniste au niveau des hautes sphères de l’État, ne sont plus que des caches sexe, des tartours, des marionnettes voire même des agents conscients ou inconscients de la toile nahdaoui. Le principal responsable de la débâcle du front moderniste est bien entendu le Président de la République en personne, BCE, ainsi que son croupion de parti, qui ont trahi les espoirs de millions de citoyens qui se sont mobilisés dans des manifestations de rue, dans des meetings, et enfin à travers leurs votes, pour faire tomber par les urnes le pouvoir des Frères musulmans à la sauce tunisienne (et ils ont réussi), avant que BCE ne décide de leurs tourner le dos et de faire alliance avec leur pire ennemi qui est responsable direct de l’assassinat de Lotfi Nagdh, de Belaïd et de Brahmi, le parti Ennahdha et son chef Rached Ghannouchi. Ce verdict est la conséquence logique de la débandade du camp moderniste et progressiste, débandade orchestrée et dirigée par BCE lui même, qui mérite désormais le titre du Chamberlin tunisien, le ministre français qui a signé la paix avec Hitler. Ceux qui l’ont suivi dans cette voie, qui ont applaudi cette orientation, qui ont « légitimé », cette trahison, non seulement des idéaux républicains, mais aussi des aspirations de millions de femmes et d’hommes qui ont voté pour Nidaa, ont participé à la seconde mise à mort de Lotfi Nagdh et de tous les martyrs depuis la lutte de libération nationale. On ne compose pas avec un ennemi mortel, on le combat jusqu’au bout, parfois même jusqu’à la dernière goutte de son sang, ce qu’avait fait lotfi Nagdh précisément.

Une justice sous la chape de plomb islamiste

Tout le monde la sait, que depuis limogeage et le renvoi de 80 valeureux juges par le ministre nahdhaouis de la Justice, la mise au pas de l’appareil judiciaire avait commencé. Elle ne prendra jamais fin tant qu’il existe un seul juge qui soit réfractaire aux ordres des vrais maîtres du pays. La preuve ? Les milliers de dossiers qui pourrissent dans les étagères de l’institution judiciaire, les centaines d’interdiction de quitter le territoire, six ans après la révolution de la charrette, qui s’avère être une grande et affreuse farce, et qui servent à prendre en otage les forces vives de la Nation, au mépris du droit tunisien et international. Les élections du haut conseil de la magistrature ont fini par convaincre les plus sceptiques que le seul parti politique qui agit sur la scène, Ennahdha, a fini par faire tomber cette haute institution censée être indépendante, dans son escarcelle, tout ça, avec les applaudissements et le silence complice du camp moderniste qui continue dans sa politique de renoncement national, par calcul ou par couardise. En contrôlant la justice, Ennahdha contrôle tout l’establishment, enlisé qu’il est dans les scandales de corruption et les luttes intestines et fratricides. Le principal responsable est BCE, censé être le garant de l’indépendance du pouvoir judiciaire, qui, fidèle à sa stratégie d’alliance avec le diable, continue à fermer les yeux, devant la prise en main vigoureuse de tout les rouages de l’Etat par son propre « allié », dans l’espoir que ce dernier continue à le soutenir pour asseoir le pouvoir de sa propre famille dans l’ère de l’après Béji. BCE en piètre stratège, mais bon tacticien, n’a jamais tiré les leçons de l’histoire récente des Frères Musulmans, qui finissent toujours par se retourner contre les plus proches de leurs alliés. Ils le feront à coup sûr le jour où il deviendra (BCE) un frein à leur rouleau compresseur. L’affaire Nagdh n’est que le signe précurseur qui annonce que ce jour fatal est pour bientôt ! Le retour des milices nahdhaouis, nommées pompeusement « Comités de protection de la Révolution » un des bras armés d’Ennahdha, mais loin d’être l’unique, n’est pas fortuit, car il prouve que la machine infernale de la violence a été déclenchée. Sans parler de la multiplication d’arrestations de cellules terroristes et la découverte des caches d’armes (souvent de guerre), qui prouvent aussi que les anciens alliés du parti islamiste appelés Ansar al shariaa, sont de retour et bénéficient de connivences multiples, si non comment expliquer que tant d’armes soient cachées à Ben Guerdane même, censée depuis la dernière attaque terroriste être totalement sous le contrôle de l’État ?

Affaire Nagdh : L’arbre qui cache la forêt

L’affaire Nagdh a prouvé que quelque chose est pourri dans la régence de Tunis (Royaume du Danemark) ! Elle n’est que le signe d’un ouragan qui s’annonce ! Un ouragan dévastateur que, ni le wifaq, cette alliance de l’eau et du feu, ni le système politique bâtard, construit sur les ruines de la République, ne pourront arrêter, en plus de la situation grave que vivent les pays limitrophes et qui risquent de s’embraser et les changements politiques majeurs qui s’annoncent sur le plan géopolitique mondial avec le Brexit et la montée de l’extrême droite populiste au pouvoir aux Etats Unis ! Tout cela prélude que notre pays va traverser une dangereuse zone de turbulence, au moment même où le capitaine du vaisseau, fatigué par l’âge et les conspirations de ses lieutenants, s’accroche à un bateau de sauvetage appelé wifak et qui a déjà depuis longtemps a pris de l’eau. Le verdict de l’assassinat de Lotfi Nagdh est le marteau qui vient de lui assener le coup fatal. Désormais le bateau Tunisie, vogue au gré des tempêtes, sans gouvernail et sans capitaine qui tient la barre et ce n’est pas ce malheureux gouvernement qui n’arrive même pas à se prononcer sur une dérive aussi grave de l’appareil judiciaire, qui va pouvoir affronter le tsunami qui se prépare !