On prépare déjà dans les chancelleries l’après Chahed. Chahed le sait-t-il ? C’est dire combien la situation de ce gouvernement qu’on a fait naître au forceps est critique ! A peine né, il est déjà menacé de mort clinique. Même ses géniteurs, BCE et R. Ghannouchi l’ont compris. Ce qui explique que le premier s’est mis déjà en branle bas de combat pour « mobiliser » autour de Youssef Chahed une « majorité » politique, qui malgré le vote de confiance du parlement, est loin d’être acquise, et que le second, fidèle à sa tradition de « volte-face » a commencé le premier à tirer sur son « nouveau né » dans une campagne où il a sillonné le pays faisant de la surenchère de bas étage, flattant les bas instincts « régionalistes » des citoyens, avant d’être recadré probablement par le Président de la République et qu’il ne déclare : « Je suis confiant dans la réussite du gouvernement Chahed, » déclaration sans conviction, puisque ses lieutenants commencent à tirer dans les pattes de ce même gouvernement et de la coalition qui le soutient. Ce gouvernement s’il n’est pas totalement mort, il est à coup sûr dans le pétrin jusqu’au cou à tous les niveaux.

Chahed a déjà perdu sa majorité politique

A commencer par le soutien de son propre parti Nidaa. Car à peine installé, BCE, voulant utiliser le gouvernement pour asseoir l’autorité de son fils sur les quelques débris qui restent de ce parti moribond, l’a fait « nommer » via H.C.E, chef du parti, avant qu’il ne se rétracte, devant la levée de bouclier des ennemis et des adversaires, voire même des amis ou ex-amis du dauphin. La crise du bloc parlementaire découle de cette tentative du «clan Essebsi » de passage en force, vite avortée, mais à un prix exorbitant : Toute la coalition et l’édifice tissé par le père se sont écroulés comme un château de cartes ! Du coup mêmes les représentants de la gauche et de la centrale syndicale, dans le gouvernement Chahed commencent à grincer des dents, allant pour certains jusqu’à affirmer qu’ils sont encore dans l’opposition tout en continuant à occuper les strapontins ! Une situation qui ferait sauter dans sa tombe le Roi Ubu. La fissure qui a frappé le bloc parlementaire de Nidaa, ajoutée à l’ancienne fissure, provoquée par la dissidence qui a donné le bloc du Machrou de Marzoug, plus la scission presque entamée du groupe de Sfax, avec tout le poids financier qu’ils représentent, plus la désaffection totale des cadres et intellectuels qui ont fondé le parti allant jusqu’à appeler à son « extinction », font que Nidaa n’est plus qu’un souvenir, mauvais pour certains. Avez vous jamais vu un chef de gouvernement qui ne dispose d’aucun soutien substantiel de son propre parti, tenir longtemps, même s’il bénéficie encore du soutien de son fondateur ? Mais B.C.E est connu pour ses retournements politiques spectaculaires et le dernier en date a envoyé aux oubliettes de l’histoire, son ex protégé et ex premier des ministres Habi Essid. Que Youssef Chahed ne se trompe pas ! Il ne pèse pas plus aux yeux de B.C.E que son prédécesseur. Il n’est qu’une Tour dans un grand échiquier dont les maîtres résident au delà des mers. Le Roi B.C.E n’hésitera à aucun moment à le sacrifier au nom de « l’intérêt supérieur de la Nation ». Et c’est au nom de ce même intérêt, vu et corrigé par B.C.E, et qui commande l’application stricte du programme, signé par le gouverneur de la banque centrale, engageant la Tunisie auprès de tous les bailleurs de fond, dont le FMI, que Chahed essaye de faire passer dans le budget 2017, que ce Gouvernement sera sacrifié comme tous ceux qui l’ont précédé. Aux premiers signes de mécontentements populaires, et on les perçoit déjà, qui risquent de mettre le feu à la barque Tunisie, il sera sacrifié par B.C.E lui même et jeté à la vindicte populaire. C’est presque une loi qui régit les systèmes politiques tunisiens depuis le règne des Beys. Qu’il se rappelle des sorts réservés à Yussuf Saheb ettebaa, Kheireddine, Sadok Bey, Tahar Ben Ammar, Ahmed Ben Saleh, Béhi Ladgham , Hédi Nouira, Mohammed Mzali, Rchid Sfar,Mohammed Ghannouchi, Hammadi Jebali et Hbib Essid ! Tous ont servi, pour faire passer « les grandes réformes » qui, en général, ont appauvri les pauvres et ont rendu plus riches les riches, au nom de « l’Intérêt National » et qui ont systématiquement provoqué des révoltes populaires, avant d’êtres jetés en pâture à la vindicte populaire. Les rumeurs qui font de Youssef Chahed un futur présidentiable, ne résistent pas devant l’analyse. En général, on protège le candidat et on ne l’expose pas aux tirs croisés des ennemis et surtout des amis. Or Youssef Chahed, a essuyé dès sa nomination toutes les salves avant même qu’il ne commence à agir.

Chahed ne peut qu’obéir aux diktats des bailleurs des fonds

Le pays n’est pas en situation de faillite mais en banqueroute ! Car les 36 milliards de dinars emprunté après 2011 se sont évaporés et le gouvernement Chahed sera obligé, s’il n’applique pas les engagements tenus par la Tunisie à l’égard du FMI et de la Banque Mondiale et par conséquent à l’égard de l’UE, de la BAD et autres créanciers, d’aller emprunter à des taux voisinant les 20%, comme la Grèce, ce qui signifie qu’il continuera à provoquer la banqueroute totale.
Dans le cas où il compte appliquer les ordres du FMI pour continuer à bénéficier du cash généré par les crédits de ces fonds, il doit, licencier des milliers de fonctionnaires, comme il l’a dit, faire baisser les salaires substantiellement dans les secteurs publics et privés, refuser toute augmentation des salaires, élever les taux de taxation pour la classe moyenne, baisser les retraites, bref continuer à faire baisser le niveau de vie de l’écrasante majorité du peuple tunisien, sans toucher aux grandes fortunes, car il n’a pas les moyens politiques et légaux pour le faire, et c’est ce qu’il va faire ! Car ceux qui l’on propulsé d’une façon vertigineuse à ce poste savent ce qu’ils font : Détruire le modèle social et économique tunisien pour le remplacer par un système de libéralisme sauvage à outrance, la démocratie (ou l’anarchie) en plus ! Le coup social ? Des milliers de fonctionnaires iront rejoindre le un million de chômeurs, un taux d’inflation jamais égalé, et les salariés payés en monnaie de singe en raison de la chute vertigineuse du dinars qui équivaudra bientôt à 1/3 d’Euros.

Ce programme sera insidieusement appliqué à travers la loi de finances mais pas seulement à travers des lois.

Chahed sur une poudrière, seul sans vrais appuis

Non il n’y aura pas de second printemps arabe en Tunisie comme le souhaite, le plus abject des ex-présidents, qui se délecte des malheurs du pays, alors que sous son règne 31 milliards de dinars empruntés, ont étés détournés dans les poches de ses amis. Il s’agirait d’un sursaut populaire nationaliste cette fois-ci, qui refusera la tutelle des faux amis de la Tunisie, qui ont provoqué le faux printemps tunisien responsable de la destruction de l’État nationaliste et du modèle social engendré par les réformes post-indépendance. Qu’on ne se trompe pas, la fausse unité nationale, unité de façade qui a donné le gouvernement Chahed et dont l’alliance Nidaa Nahdha constitue le socle, va éclater sous la pression populaire et les premiers à tourner casaque seront les nahdhaoui, car ils ne peuvent êtres en conflit avec leurs bases populaires qui seront, comme l’écrasante majorité du peuple, touchées par la crise sociale et économique. C’est la signification à donner au double discours de R. Channouchi et ses apôtres. Au premier craquement ils mettront tous sur le dos de Chahed et de Nidaa et signeront l’arrêt de mort de ce gouvernement, qui est loin d’être celui de l’unité nationale, mais de l’unité derrière le tandem B.C.E-Ghannouchi. Même si les syndicats ouvriers font mine de marcher, ils ne peuvent franchir un certain seuil, car ils seront débordés non seulement par leurs bases mais par la rue. Comme les nahdhaouis, ils choisiront de «coller » à leurs bases et c’est normal. Que restera t-il à Y. Chahed pour affronter le mouvement social ? Rien et B.C.E sera le premier à le sacrifier pour choisir un autre fusible, car tout le monde est convaincu que le vrai maître à bord de l’ exécutif est le Président de la République, et BCE n’est pas le genre à jeter l’éponge. Il sortira alors une autre carte de sa manche et si Chahed fait de la « résistance », on enverra un « conseiller » le menacer d’être traîné dans la boue « nmarmdouk »

Le gouvernement Chahed a jusqu’à décembre pour tenter de sortir de cet imbroglio. Mais Youssef Chahed est désespérément seul et les quelques faux amis qui l’entourent seront les premiers à lui tirer dans le dos ! Comme son prédécesseur H. Essid !