Le discours programme prononcé par Y. Chahed, lors de son investiture, devant le parlement, n’est pas un programme de combat global contre le terrorisme comme l’exige la situation actuelle et comme l’annonce le fameux « pacte de Carthage » signé pompeusement par les partis politiques, en contrepartie de postes ou strapontins ministériels. Alors qu’on devrait chercher logiquement à créer le choc salvateur pour « unifier » tout le peuple derrière un gouvernement dit « d’Union Nationale », et pour combattre l’ennemi commun, le terrorisme, le Président du Gouvernement annonce des milliers de licenciements dans la seule fonction publique, des restrictions budgétaires draconiennes, des coupes sombres dans les budgets sociaux, la possibilité de réduire les salaires, déjà mis à mal par une inflation galopante sans précédent. Pire encore, il fait miroiter la menace de sévir contre les grévistes, notamment dans le bassin minier Sfax-Gafsa, en usant de la malheureuse formule « bikolli hazem » ou « hazimoun ». Un programme de « désunion nationale » et qui risque de briser définitivement l’Union sacré contre le terrorisme. D’ailleurs les terroristes qui ont frappé encore une fois, juste après l’investiture, tuant trois de nos valeureux soldats, veulent tester la capacité à réagir de ce nouveau gouvernement. Jusqu’ici, vingt quatre heures après, en dehors de la réponse militaire, qui fût adéquate, aucune déclaration ou mesure ne sont venues du chef du gouvernement, pour répondre à cette attaque terroriste ! C’est dire combien, il est loin d’être préparé à assumer son rôle, où il ne suffit pas d’être jeune et de bonne famille ! Même que des craquements se font entendre dans la coalition avec les déclarations de R. Ghannouchi à Gafsa qui n’a pas mieux trouvé comme recette que de promettre au Gafsiens une partie des recettes de la « Compagnie ». Rien que ça ! Non seulement c’est démagogique mais c’est un tir au flanc visant Chahed qui a annoncé le contraire !

Chahed, un faux-témoin, acteur de la Crise 

Sous prétexte de franchise avec le peuple, en dévoilant la situation économique catastrophique, conséquence d’une « Révolution » qui a fait faire à la Tunisie, un bond en arrière de plus trente ans, la ramenant à l’époque du fameux P.A.S, (Plan d’Ajustement Structurel du gouvernement R. Sfar de 1986), Youssef Chahed a omis de mentionner qu’il en était personnellement responsable, étant deux fois ministre dans le Gouvernement Essid, et que son chef directe et grand mentor devant l’Éternel, B.C.E en était le principal instigateur et responsable (avec Rached Ghannouchi), ayant dirigé le pays au moins quatre ans pendant ces six années les plus meurtrières, les plus sanglantes et les plus miséreuses pour le peuple de toute l’histoire post-indépendance de la Tunisie. B.C.E et R. Ghannouchi étant la main du destin ou de Dieu, pour éprouver cette jeune Nation, qui jusqu’à 2010 figurait dans le peloton de tête des pays émergents. Il caracole actuellement loin derrière des pays qui étaient la risée de notre humour populaire et de nos élites spécialisées dans le développement. En dévoilant la vérité sur les chiffres vertigineux, qui plombent notre économie, dont les 31 milliards de dinars de « prêts » contractés par les gouvernements successifs de la « Révolution », puisque en cinq ans, la dette qui valait 25 milliards de dinars en 2010 a grimpé « miraculeusement » à 51 milliards de dinars. Y.Chahed a menti par omission, faisant croire que ce sont ses prédécesseurs qui en sont responsables, puisqu’il n’a pas mentionné sa responsabilité et celle de ceux, qui ont fait sa fulgurante carrière d’un simple fonctionnaire de l’USAID à un maître absolu, selon la constitution du moins, qui détient tous les pouvoirs, non seulement de l’exécutif, mais aussi du législatif sans parler de son pouvoir indirecte sur le système judiciaire. Nous nommons encore une fois B.C.E ! Certaines plumes qui se sont spécialisées dans le discours laudatif se sont empressées d’applaudir le « courage » du jeune premier ministre invitant à lui accorder un délai de grâce, de lui donner « sa chance »…. Ces thuriféraires trompent celui qu’ils veulent servir! Ils seront les premiers à le descendre en flemme, dès qu’il donnera des signes d’affaiblissement !

Faire payer les pauvres… c’est faire le jeux du terrorisme

Pire encore, en invitant le petit peuple, à se serrer la ceinture, annonçant une période d’austérité sans précédent, il s’est rangé de facto du côté des nantis et des quelques nouveaux milliardaires (on en compte plusieurs centaines) de « La Révolution », ce qui est somme toute normal, sachant que ce sont les lobbies d’argent qui l’ont porté au pouvoir. Leur objectif premier n’étant pas de combattre le terrorisme comme l’annonce le document de Carthage mais de s’enrichir d’avantage, comme ils le font et l’ont fait sous tous le gouvernements. Même que cette situation, de ni vraie guerre ni vraie paix les sert énormément. Se ranger du côté du peuple, signifie actuellement faire payer les plus riches, qui ne sont pas toujours des hommes d’affaires honnêtes et il n’existe qu’un seul moyen : Un vrai impôt sur la fortune. On verra évidement, comme on l’a vu avec le Gouvernement Essid, que le futur budget de l’État 2017 continuera à saigner à blanc les petits fonctionnaires et les employés évitant de frapper là ou il faut, la poche de ceux qui possèdent des fortunes colossales ! Même qu’on ira vers des « allégements fiscaux » sous prétexte « d’alléger » les fardeaux des entreprises, comme l’a déjà fait le Gouvernement M.Jomaa. Le résultat politique de cette orientation sera le mécontentement grandissant des moins nantis et particulièrement la classe moyenne qui assiste à la chute vertigineuse de son pouvoir d’achat et la dégradation sans précédent de son style de vie, alors qu’une nouvelle grande bourgeoisie composée d’affairistes, de contrebandiers et de nouveaux riches affiche avec arrogance ses richesses souvent mal acquises. Cette politique finira par briser l’élan populaire contre le terrorisme, qui, comme le démontrent les réactions aux derniers assassinats de nos soldats tombés en martyr, commence à s’essouffler. Or sans le soutien populaire, la lutte contre le terrorisme sera perdue d’avance, sans oublier que les mesures d’austérité préconisées, frapperont de plein fouet les catégories les plus vulnérables, qui deviendraient des proies faciles pour les recruteurs jihadistes.

L’Union Nationale et la politique anti-populaire du gouvernement Chahed ne vont pas de pair. Pour exécuter les directives de la Banque Mondiale et du F.M.I, on ne doit pas toucher aux équilibres sociaux, déjà précaires, car fragilisés par cinq années de gabegie de corruption, de destruction de l’appareil productif, des institutions sécuritaires et de tout le système immunitaire du pays. En plus cette politique anti-populaire nous mènera droit vers l’abandon de notre souveraineté. On en percevait déjà les signes depuis 2011, on en exécute maintenant les derniers actes. L’existence de vrais patriotes dans ce gouvernement n’en changera malheureusement pas les orientations. La plus belle des filles ne pouvant offrir que ce qu’elle a, Y. Chahed n’a que des larmes et des souffrances à offrir au peuple face au terrorisme.