Le 30 Juillet 2016, M. Essid, chef du gouvernement, demandant la confiance du parlement, qui la lui refuse, s’est livré à une véritable « affrontement métaphysique » (selon le mot de L.F. Céline) avec l’assemblée du peuple.. !!!

Un affrontement, certes, mais hypocrite, car le jeu était fait et les dés étaient jetés depuis longtemps.

Le gouvernement H. Essid « est né fatigué », (selon le mot de L.F. Celine). On se rappelle qu’il a été obligé de faire un remaniement avant même qu’il ne soit investi… (C’était déjà une première…!!), l’action gouvernementale n’a brillé en rien ; n’a rien réformé ,et ses succès sont faibles, exception faite du volet sécuritaire et ce depuis la nomination de A.B. Hadj Ali…). Mais l’échec du gouvernement est aussi l’échec de son parrain politique qui est le Président de la République et celui des partis qui le composent (avec le noyau central de l’alliance Nidaa- Nahdha) et il est enfin celui du parlement qui lui a accordé sa confiance.

Si le gouvernement Essid a échoué (et il a échoué), c’est que les partis qui le forment, le Président qui l’a imposé.. !! et le parlement qui l’a cautionné ont tous échoué avec lui après avoir participé au mensonge électoral et post électoral que l’on sait.

L’échec du gouvernement Essid est du au jeu politicien (Nahdha, voulant étouffer et coloniser l’État, le Nidaa jouir des dividendes du pouvoir, et les autres acteurs politiques (y compris la pseudo opposition) aspirant à y trouver une place convenable…!!). Le climat de l’opportunisme, de l’affairisme et de la corruption généralisée aggravé les méfaits de l’incompétence collective et individuelles.

La souveraineté qui part en fumée

Le pays se délabre. Il rétrograde par rapport à ce qu’ était sa situation avant 2011 sur tous les plans ; l’élite politique issue du cataclysme 2011, n’a aucune compétence hormis le verbiage et n’a de légitimité que d’être là à la faveur des circonstances qu’on connaît … !!

Deux dangers majeurs guettent le pays (et qui sont les conséquences directes des rôles respectifs, collectifs et individuels des acteurs émergés après 2011) : La souveraineté politique, économique et financière du pays, d’une part et l’extrême dégradation du pouvoir d’achat et du niveau de vie du tunisien (surtout les classes moyennes et populaires…!!) d’autre part. Le premier danger avance sans freins et brûle les atouts nationaux accumulés péniblement sur de longues années. Le deuxième danger est à l’œuvre, broyant la vie des gens et des familles de petites conditions.

Face à cela, l’élite post 2011, dans sa « familiarité intestinale »( L.F. Céline) nous sort une mascarade de changement du chef de gouvernement, selon un scénario produit, « des idées de Dimanche » (L.F. Céline) malaxant les projets claniques et dynastiques de Nidaa, les plans de domination rampante de l’État (Nahdha), les petits calculs des opposants ou soi disant opposants qui ont « la gueule de l’emploi » (L.F Céline ) et qui ne rêvent que d’arriver… !! Sans parler de l’opposition « radicale » et « patriotique », pauvre et infertile en projets politiques tout comme les partis du gouvernement et ses chefs. C’est « le communisme du caca » disait L.F Céline.. !!

Tout ce beau monde sait pourquoi Essid doit partir tant du point de vue des organismes financiers internationaux, que celui des milieux affairistes locaux, qu’enfin de celui des deux grands partis du gouvernement, et du chef de l’État. Mais personne n’ose le dire, le crier et l’afficher. Le parlement applaudit le chef du gouvernement pour l’abattre dans la minute qui suit. Nahdha le soutient, le PNL et Affak sont ses alliés au gouvernement, le Nidaa a fait de lui son candidat au poste de chef de gouvernement 2015 mais votant contre lui. Les opposants au parlement, lui sont naturellement hostiles, mais tout en soutenant le projet de B.C.E de le chasser de son poste, ne participent pas au vote. Les indépendants et autres acteurs et électrons libres, critiquent ce jeu en offrant leurs services, aux vainqueurs annoncés : Nahdha , Nidaa et amis du Président de la République.

Tout le monde ment et critique les menteurs

Tout le monde ment ! Et tout le monde critique les autres menteurs : C’est que les « coquineries des humains » (Montaigne) n’a pas de limite et la Tunisie d’après 2011 a la pire élite politique dominante de son histoire … comparable à celle qui a précédé la signature du traité du Bardo, le 12 Mai 1881..

La défense de H. Essid n’est pas mon propos, surtout lorsqu’elle s’exprime dans des termes régionalistes. .. !! Mais son cas relève le triomphe du mensonge politique en Tunisie. En exemple, B.C.E prépare le terrain pour son fils, à la tête de Nidaa, et un autre proche à la tête du gouvernement !! Tout le monde est contre !!Les dynasties ne sont jamais démocratiques. Eh bien : Que faire des différentes dynasties dans les autres partis di gouvernement et dans l’opposition ?! Et ce sans évoquer les cousins ; les gendres, les beaux fils, les neveux… et ce sans évoquer le même phénomène dans les milieux, médiatiques ? Financiers et société civile… L’affairisme est partout… le républicanisme n’est nulle part… !!

Mieux encore, tous ceux qui sont contre les dynasties, s’activent à gager leurs bénédictions et les affections de celles-ci pour pouvoir réaliser leurs petites ambitions … et ça continue… !!
La Tunisie est malade de cette élite politique post 2011, et du système politique instauré par la constitution de 2014…et elle continue son « voyage au bout de la nuit »..

 

N.b : Toutes les citations de L.F. Céline, proviennent… naturellement de son roman « voyage au bout de la nuit »…pur hasard…!!