Quelques années après la catastrophe historique de 2011, le peuple tunisien a été réduit à aspirer à deux ou trois choses simples : Vivre en sécurité (terrorisme et banditisme obligent), manger à sa fin (cherté du coût de la vie et inflation obligent!!), bénéficier de quelques services publics minimums (gabegie administrative, verbiage révolutionniste, incompétence et corruption des nouveaux responsables politiques obligent!!!).

Par ailleurs, l’opinion publique avertie et l’élite patriotique ne demandent plus que deux ou trois choses dont la protection du seul acquis historique produit par le changement de Janvier 2011 (les libertés publiques et individuelles), l’arrêt de l’hypothèque de l’avenir du pays engendrée par l’alliance Nidaa-Nahdha et enfin l’élimination de la tentation dynastique qui s’est emparée de la tête du système politique tunisien (pour la 3ème fois dans l’histoire de la Tunisie depuis 1956)

Face à ces six revendications et aspirations nationales minimales, le gouvernement H.Essid (et tout le système politique qui l’a engendré) a presque totalement échoué. Son départ s’imposait, et son éviction fût aussi nécessaire qu’inélégante et manipulée…

Chahed et l’hypothèse dynastique 

Face à cet aspect de la crise nationale, le système politique tunisien, avec toute ses composantes structurelles et politiciennes, n’a exhibé que son arrogance, qui consiste qu’à ne proposer que le contraire de ce qu’il faut faire, en le maquillant de clichés et de mots d’ordre qui ne convainquent personne… sauf ceux qui sont à la recherche d’une miette, d’un intérêt et d’une connivence qui aggravent la crise du pays, sapent sa souveraineté et pulvérisent son avenir à court terme…

La voie rétrograde, de l’alliance Nahdha et les quelques restes du parti Nidaa, continue et elle nous impose le nom de Mr Chahed comme option pour la présidence du gouvernement. Soit !..Puisque son refus est impossible institutionnellement !! On nous raconte des histoires sur sa jeunesse, ses compétences techniques et académiques …Soit !! Ces qualités pouvaient impressionner ceux qui le veulent bien !! Mais il y a matière à discuter là !!!

La jeunesse nous en voulons, mais la compétence avant la jeunesse !! La compétence, nous en voulons, mais au service de notre pays, et pas au service d’un pays étranger (les USA) et ce en se basant à Tunis même… !!. La compétence académique, (agriculture) nous en voulons aussi, mais pas au point d’être un V.R.P des O.G.M (Organisme Génétiquement modifié)…

Nous osons espérer que Mr Chahed ne bénéficie pas d’une deuxième et/ou une troisième nationalité, comme beaucoup d’autres ministres et hauts responsables depuis Janvier 2011, qui ne sont que les représentants locaux de milieux impérialistes qui nous accablent… !!
Que pouvait faire un gouvernement Y. Chahed pour affronter les six revendications et aspirations nationales évoquées et les réformes qu’elles impliquent ?

Ce qui est certain, c’est qu’il est soumis d’avance à un autre type d’agenda : Celui du Président B.C.E et qui passe auprès de l’opinion publique pour un « agenda dynastique », ce qui est une exagération que la réalité confirme quelque peu.

Toute la méthode de désignation de Y.Chahed (comme celle de H.Essid) confirme que B.C.E veut asseoir de manière indirecte et détournée un pouvoir présidentiel fort (au niveau de l’influence) que ne permet pas la constitution. La révision de la fameuse « meilleure constitution  du monde » aurait été plus efficace, mais le courage de l’aveu de l’échec des institutions d’après Janvier 2011 manque terriblement… !!

Un chahed pour baliser pour H.C.E

Le Président projette d’utiliser le soldat Chahed pour réformer la situation catastrophique de la maison Nidaa et réussir à donner vie à la main mise définitive de H.C.E sur sa direction. Cette deuxième mission (comme la première) ne connaîtra qu’un succès factice et temporaire… !!

Avec Y.Chahed au gouvernement et HCE au Nidaa, le Président B.C.E, espère poser les jalons de l’après B.C.E dans la vie politique tunisienne… Mais le succès est encore moins sûr !! (Nous y reviendrons..!!).

Le succès incertain de ce projet nécessite et impose une alliance stratégique avec Nahdha. Ce qui éclaire certains aspects de la situation politique tunisienne et en dit long sur la maturité politique et stratégique et sur l’opportunisme des nouveaux alliés et candidats à l’alliance avec le Nidaa… Nous y reviendrons aussi dans un autre article.. !!

Une chose est claire maintenant. Pour sauver le soldat Tunisie, il ne faut réfléchir (et agir) dorénavant qu’en termes d’alternative politique à l’alliance Nidaa-Nahdha, et d’alternative constitutionnelle au dispositif institutionnel de la constitution 2014, et ce en la révisant, et enfin l’alternative stratégique à toute la débâcle que connaît le pays sur tous les niveaux depuis cinq ans.