La nomination de Mr Youssef Chahed au poste de Président du Gouvernement scelle la fin d’une étape du processus d’abandon de la souveraineté nationale, acquise de hautes luttes par les tunisiens après la longue nuit du régime du protectorat français, étape initiée à partir du coup d’État du 14 Janvier 2011, et annonce le début d’une nouvelle étape de mise sous Protectorat cette fois-ci sous tutelle américaine. En Décembre 2013 le Congrès américain a déclaré que la Tunisie fait désormais partie de la Sécurité nationale américaine En réalité, la signature du MoU avec les USA (Un mémorandum d’entente) signé en présence de B.C.E et l’annonce honteuse de l’acceptation de la Tunisie comme non membre de l’OTAN et les conséquences militaires et politiques qui en ont découlées, sont le résultat direct de l’éviction de Zine Al Abidine Ben Ali et la décapitation de son régime notamment la dissolution d’un des plus grands partis nationalistes de tous le temps, le Destour et la mise en pièce de l’État National, tel que conçu et mis sur pied par Habib Bourguiba et l’élite nationaliste de l’époque. Depuis 2011, l’État tunisien glisse, par étapes, du statut d’un État souverain vers celui d’un État Vassal, comme aux époques, française, ottomane, al-muwahhidun et la mise définitive sous tutelle, a été exécutée par la cooptation à l’une de ses têtes d’un simple agent de l’USAID, organisation para-étatique au service des stratégies des conquêtes américaines, créée par la CIA. Ce sont les documents publiés par wikileaks qui l’attestent et aucun démenti n’a été jusqu’à l’écriture de ces lignes. L’installation à notre frontière sud d’un Quartier Général pour gérer des systèmes sophistiqués pour surveiller Daech en Libye, création à ne plus en douter de multiples services de renseignements, n’a pas pour seul objectif de contrer les menées terroristes, mais surtout de contrôler tous les mouvements et communications en Tunisie, en Libye et ailleurs. La Tunisie, a de ce fait perdu sa souveraineté sur notre frontière sud du moins, car nos forces armées et polices dépendront désormais en matière d’informations de « l’allié américain ». Sans oublier que les USA deviennent notre fournisseur exclusif en armes, notamment dans la lutte contre le terrorisme, au dépens des français et autres alliés traditionnels, comme pour les hélicoptères Hawk, qui ont remplacé bizarrement les hélicos français, contrat jadis commandé par le nahdhaoui Hammadi Jebali, trahissant ainsi son ami McCaine, tous ça dans un manque de transparence total. De toute façon ces armes seront payées rubis sur ongle par le malheureux contribuable tunisien.

Un Chahed en cache d’autres

Avec Youssef Chahed, on va passer à une vitesse supérieure dans la mise sous tutelle totale de l’économie tunisienne, en « privatisant » les sociétés appartenant à l’État et qui constituent son trésor stratégique. Celui-ci, endetté jusqu’au coup, grâce aux emprunts contractés après le coup d’État de 2011, par les gouvernements successifs, et qui doit commencer à les rembourser en 2017 (1000 milliards de millimes pour 2017), sera obligé de les brader et l’on connaît presque déjà les noms des prédateurs locaux et internationaux qui se frottent les mains. Indépendamment de ses liens de parenté avec « la famille régnante », le principal critère qui a fait de lui l’oiseau rare que cherchaient frénétiquement les bailleurs de fonds étrangers, notamment la Banque Mondiale et le F.M.I, est justement son travail bien accompli et certes bien rémunéré au service de l’USAID. Ils vont d’ailleurs le flanquer, pour plus de garantie d’un de leurs agents (Cela figure sur son C.V officiel) qui sera parachuté comme le super ministre de l’économie et qui aura pour tâche de veiller scrupuleusement à l’application des engagements de l’État tunisien auprès des deux institutions, engagements déjà signés par un de leurs larbins, l’actuel gouverneur de la Banque Centrale, qui à son tour, assuré de rester à son poste s’est appliqué à faire voter à son conseil d’administration de multiplier par six son salaire après avoir fait voter une loi (au parlement s.v.p) déclarant une soi disant indépendance de la banque centrale. Il semblerait d’ailleurs que le super ministre en question n’est qu’un autre homme de l’ombre d’Ennahdha, comme jadis Mehdi Jomaa. D’ici 2019 l’Etat tunisien sera délesté de ses purs joyaux économiques, en faveur de prédateurs étrangers avec les applaudissements des « élus du peuple ». Quant au peuple, il n’aura que ses yeux pour pleurer et assister à la destruction systématique de tout ce pourquoi, ses vrais martyrs sont tombés, surtout l’Indépendance Nationale. Certains naïfs menacent d’une deuxième révolution comme s’il y’ en a eu une première et continuent ainsi dans leur aveuglement par orgueil ou par fanfaronnade et en appellent au peuple pour reprendre son destin en main. Pure illusion !!. La Tunisie, n’a jamais connu de révolutions et les grands changements ont toujours étés opérés par le haut. Mais les tunisiens n’ont jamais toléré longtemps le colonialisme quelque soit sa forme. Encore moins les élites patriotiques tunisiennes.