L’accusation directe visant Mohammed Ghannouchi, Ahmed Friaâ et Ridha Grira, lancée par l’ex chef d’État Major qui auraient demandé au Général Rachid Ammar de prendre le pouvoir, et d’évincer donc par conséquent l’ancien Président Zine Al Abidine Ben Ali le soir du 14 Janvier 2011 et les répliques cinglantes des concernés (sauf Grira qui garde un silence absolu suite à son emprisonnement) qui ont suivi, prouvent qu’on nous a toujours menti sur la réalité des événements qui ont eu lieu et les luttes sanglantes qui s’en suivirent pour mettre la main sur l’État et le pays. Les plus grands menteurs sont, en plus de ceux qui ont agi dans l’ombre, tous les acteurs politiques de l’époque et à leur tête l’ex Président de la République par Intérim et l’ex Premier Ministre, ainsi que ceux qui parlaient au nom d’une supposée société civile. La déclaration de l’ancien chef de l’État Major des armées sonne comme un avertissement, indépendamment de sa véracité, et confirme des informations qui ont circulé à cette époque, notamment par le journal télévisé de TF1, la chaîne française proche du Gouvernement français, qu’il s’agit bien « d’un coup d’État » comme l’a annoncé la journaliste Claire Chazal. Coup d’État civil ou militaire, voilà la question ? La suite des événements prouve qu’il s’agit bien d’un coup d’État civil, au moins, qui aurait été un remake du coup d’État organisée par Le premier ministre Zine Al Abidine Ben Ali contre Bourguiba en 1987. De toute façon l’armée tunisienne d’alors était, selon nous, incapable de fomenter un vrai coup d’État militaire, pour des raisons qui ne sont pas notre propos ici, sachant que depuis un certain temps, tous les coups d’État, sont systématiquement maquillées en « Révolutions ». Sans angélisme droit-de-l’hommiste, les coups d’États ne sont pas toujours négatifs dans l’Histoire et ils sont jugés en fonction des résultats politiques, économiques et sociaux qu’ils génèrent ou pas pour les pays. En Tunisie, en 2011, ce sont certains civils, qui contrôlaient une partie du pouvoir, épaulés par la direction de l’armée et une partie des forces de police qui ont exécuté le coup de force. De toute façon, ne pas accepter directement de prendre le pouvoir, comme le prétends Rachid Ammar, ne signifie nullement qu’il n’est pas impliqué jusqu’au coup dans le coup d’État civil, mais que le scénario prévu par les commanditaires, n’envisage pas une prise du pouvoir directe du pays par les Généraux. De toute façon la Tunisie n’est pas l’Égypte et Rachid Ammar est loin d’être un Nacer ou un Al-Sissi. Déjà qu’il a du mal à aligner quelques phrases sans se trahir, justement comme cette curieuse déclaration qu’il a faite depuis la Belgique où ses amis Belges lui ont accordé une sorte « d’asile politique ». Rachid Ammar n’a jamais brillé par son courage ni par son discours. C’est ce même Rachid Ammar qui a commandé la dissolution du RCD et non Farhat Al Rajhi, comme ils veulent nous faire croire, ainsi que l’élimination des hauts cadres du MI, sans parler d’autres actions graves qui se sont déroulées dans le pays depuis cette époque. S’il n’a pas eu le courage de prendre directement le pouvoir, il n’en a pas moins exercé un pouvoir absolu le long de plusieurs mois. L’Histoire officielle, mais aussi secrète, qui sera un jour dévoilée, nous le prouvera et ces accusations qui resurgissent d’une façon cyclique démontrent que quelque chose est pourrie dans le Royaume de Tunisie.

Lorsque Rachid Ammar déclare qu’il a choisi de « protéger la Révolution » pour que son pays jouisse de « la Liberté et de la Démocratie », il ne nous dit pas qui a tué plus de 300 de nos citoyens tombés sous les balles, sans parler de la destruction systématique de l’appareil de l’État et le bradage du pays par les différents gouvernements qu’il a soutenu et notamment celui de son voisin du Sahel Hammadi Jebali ! Il ne nous dit pas comment l’armée, dirigée par lui, a laissé essaimer sans réagir les cellules terroristes de Ansar al Sharria ! Il ne nous dit rien sur le soutien aux milices islamistes pour renverser avec le forces de l’OTAN et le Qatar le régime du Colonel Khaddafi, milices qui se sont avérées des organisations terroristes affiliées à Al-Qaida et ensuite à Daech !. Mais quelle mouche l’a piqué pour remuer le couteau dans la plaie ? Pourquoi n’avait-il pas avoué cela devant le juge d’instruction ? En tout cas le Ministère public n’a pas le droit de ne pas le convoquer comme Moez Ben Gharbia pour « vider son sac » ! A moins que Monsieur Rachid Ammar se sent toujours intouchable ! Wait and see !