La branche égyptienne du groupe djihadiste Etat islamique (EI) a affirmé sur Twitter être responsable du crash de l’avion charter russe qui s’est écrasé dans le Sinaï, dans l’est de l’Egypte, faisant 224 morts.

Plusieurs experts militaires estiment que les insurgés de l’EI, dont le nord du Sinaï est le bastion, ne disposent pas de missiles capables d’atteindre un avion à 30.000 pieds, mais n’excluent pas la possibilité d’une bombe à bord ou qu’il ait été atteint par une roquette ou un missile alors qu’il redescendait à la suite de défaillances techniques.

Dans son communiqué, l’EI dit agir en représailles aux «dizaines de morts (causés) quotidiennement par les bombardements» des avions russes en Syrie.

L’avion s’est disloqué dans les airs, selon Moscou

L’éparpillement des débris de l’avion russe qui s’est écrasé samedi en Egypte semble indiquer que l’avion s’est disloqué en vol et à très haute altitude, a déclaré dimanche le chef de l’aviation civile russe, Rosaviatsia, à la chaîne de télévision Rossiya 24, rapporte l’agence Interfax.

« Tous les signes montrent que la destruction de la structure de l’appareil s’est produite en plein ciel et à très haute altitude », a déclaré Alexander Neradko.

Viktor Sorotchenko, qui dirige Comité d’enquête de la Fédération de Russie, a précisé sur une chaîne de télévision russe que des fragments de l’appareil avaient été retrouvés dans une zone de près de 20 kilomètres carrés.

« La destruction s’est produite dans les airs et des débris ont été retrouvés dans une vaste zone d’environ 20 kilomètres carrés », a-t-il dit du Caire, où il s’est rendu pour participer à l’enquête. Il a toutefois prévenu qu’il était encore trop tôt pour tirer la moindre conclusion.

Le ministre russe des Transports et une équipe d’enquêteurs sont arrivés dimanche au Caire pour aider les autorités égyptiennes à déterminer la cause du crash de l’avion de ligne russe qui a fait 224 morts samedi matin dans le Sinaï.

Parallèlement, des experts égyptiens ont commencé à examiner le contenu des deux boîtes noires retrouvées samedi. Leur analyse pourrait prendre plusieurs jours, ont dit les autorités, tandis que le président Abdel Fatah al Sissi prévenait que l’enquête pourrait prendre « des mois ». Une centaine de secouristes russes sont en chemin pour aider à rassembler les corps et récolter des indices.

L’Airbus A321-200, exploité par la compagnie aérienne russe Kogalymavia/Metrojet, a décollé de Charm al Cheikh, station balnéaire sur la mer Rouge située à la pointe sud du Sinaï, et se rendait à Saint-Pétersbourg en Russie. Sa trace a disparu des écrans radar une vingtaine de minutes après le décollage.

Au moins 163 corps ont été retrouvés et transportés dans divers hôpitaux égyptiens ainsi qu’à la morgue de Zeinhom au Caire, selon un communiqué du Premier ministre.

Les experts russes se sont rendus à la morgue samedi soir. Dans une déclaration à la télévision, le ministre russe des Situations d’urgence a déclaré que 130 corps avaient été examinés et étaient prêts à être rapatriés. Ils devraient commencer à arriver dimanche soir ou dimanche matin à Saint-Pétersbourg.

Au Caire, le drapeau de l’ambassade de Russie était en berne. En Russie, une journée de deuil national a été décrétée.

Agences