Cette célèbre phrase est de Jean Pierre Chevènement, ministre français de la défense de François Mitterrand, qui avait démissionné avec fracas, lorsque Mitterrand avait décidé de faire la guerre à l’Irak de Saddam Hussein avec les « coalisés » de l’époque, en 1991, exprimant ainsi son refus de cette « ingérence humanitaire » comme l’appelait le pro-israélien Bernard Kouchner J.P. Chevènement avait répliqué avec cette phrase à la question suivante d’un journaliste : « Pourquoi n’êtes vous pas resté au gouvernement et défendu votre position contre la guerre ? ».

Cette culture de l’État, qu’on retrouve partout chez les hommes politiques dans les grandes démocraties, fait cruellement défaut à ceux qu’on appelle malencontreusement chez nous, « les politiques ». La démission de Lazhzar Akermi et le limogeage humiliant du Ministre de la Justice, ainsi que leurs déclarations intempestives, prouvent qu’une partie au moins de la classe politique ne connaît pas le béaba de la politique, dans un État de droit. Pire encore, ces deux ex-ministres sont des juristes et prétendent même êtres des hommes d’État, mais ils semblent ignorer les principes de la « solidarité gouvernementale » et de la « réserve » que tout homme politique ou haut fonctionnaire ayant exercé dans les hautes sphères du pouvoir a l’obligation de respecter, toute sa vie, sous réserve de tomber dans « L’indignité » politique. Ils ont, dans ce sens, beaucoup à apprendre des anciens hommes d’État comme Bourguiba et Ben Ali et d’autres ex-grands ministres, comme Ahmed Mestiri, feu Bahi Ladgham et d’autres qui se sont tous figés dans un silence absolu après leurs départs du pouvoir ; Et ce, malgré les critiques justes ou injustes qui les ont accablés.

Les « OPNI »

C’est une des raisons profondes qui font que le citoyen moyen ne fait plus confiance à ces nouveaux dirigeants charriés par le déluge désastreux qui a ravagé l’État et la société, nommé cyniquement « révolution » et qui a enfanté ce qu’on peut qualifier sans risque de se tromper les « OPNI », (objets politiques non identifiés). Rien ne correspond mieux à cette définition que ces deux ex-ministres et qui ont une carrière « politique » pour le moins ambiguë. Cela n’enlève rien au talent créateur et aux capacités d’agitateur de Lazhzr Akremi, qui reste malgré ses déboires actuels, un fervent patriote et un communicateur hors paire. Quant à l’illustre inconnu dans la politique, cet ex-ministre de la Justice qui s’est illustré par des déclarations parfois honteuses, il aurait du être limogé la première semaine après sa nomination, lorsqu’il s’était fondu d’une déclaration où il disait qu’il a honte de côtoyer dans le même gouvernement, des hommes de l’ancien régime, visant par là, je pense par ignorance, celui là même qui l’a nommé, le Président du Gouvernement Habib Essid et prouvant du coup que la bêtise et l’arrogance n’ont pas de limite chez ce pseudo démocrate, à qui on ne reconnaît aucun fait d’armes démocratique, en dehors du fait qu’il a servi des féodalités et des lobbies francophiles, sachant qu’il a servi aussi servilement un autre grand « Zilm », B.C.E pour ne pas le citer ! Quant à sa déclaration sur la nécessité de réformer la loi, pour la dépénalisation de l’homosexualité, elle ne fait que confirmer qu’il est bien la voix de son maître et que bien que cette question serait un jour au l’autre posée dans notre société, étant une des questions figurant dans la panoplie des lois et règles contenues dans toutes les chartes et déclarations universelles sur les droits de l’homme, il est certain que la poser maintenant, vise à provoquer un levé général du bouclier, l’immense majorité du peuple tunisien étant musulmane et cette question est bien tranchée par tous les jurisconsultes, « fuquaha », à moins qu’une révolution luthérienne dans la jurisprudence islamique ne la résout, ce qui est loin d’être probable. Pour sa gouverne, même les Églises, catholique, Orthodoxe, Protestante ainsi que tous les Rabbins sont unanimes sur cette question. Il existe en outre d’autres moyens pour résoudre cette question et ses prédécesseurs au Ministère de la Justice les ont parfois utilisés, mais ça serait trop demander à quelqu’un qui affiche un tel mépris aux anciens hommes d’État. Stupidité, quand tu nous tiens !

Quant à sa fameuse déclaration sur « l’ingérence » de l’ambassadeur américain Jacob Wallace qui l’aurait, selon ses dires, sommé d’introduire des réformes sur la loi portant sur la traite des blanches, son devoir aurait été d’informer le Ministère des Affaires Étrangères qui aurait convoqué ce « Proconsul » ou qui aurait demandé son rappel à son administration et non pas de faire des déclarations publiques, mettant ainsi en péril nos relations avec notre « Allié Stratégique ». Mais cela, encore une fois, par manque de culture d’État, notre ex-ministre ne connaît vraisemblablement pas. Ne sait-t-il pas en plus que la politique étrangère est du seul ressort du Président de la République ? Et que même son collègue du MAE s’est fait à plusieurs reprises rappeler à l’ordre par B.C.E lui même suite à des déclarations qui n’engageaient que lui. Encore une fois, ce manque d’expérience et cette inculture dont font montre plusieurs ministres du gouvernement actuel, est une des raisons de l’incurie dans laquelle il sombre. Certains ont compris leurs limites et se réfugient dans le silence pour ne pas « déraper », d’autres ont désigné des « porte-paroles » pour éviter de faire face aux médias mais rares qui s’en sortent correctement.

Le Président du gouvernement ferait mieux de se pencher sur cette question et de soigner la communication du gouvernement y compris pour son propre cabinet, la facture politique à payer risque d’être trop chère. Bien communiquer ou mourir ! Semble être le grand challenge de l’équipe actuelle.