Les violences entre Israéliens et Palestiniens ont franchi un nouveau cap vendredi avec l’agression au couteau de quatre Arabes par un suspect juif et la mort de six Palestiniens à Gaza lors d’une manifestation de solidarité avec les événements de Jérusalem et de Cisjordanie.

Quatre Arabes ont été poignardés à Dimona, ville du sud d’Israël, par un seul agresseur israélien dont le mobile était d’ordre « nationaliste », dit la police israélienne.

Six jeunes de Gaza, dont un adolescent de 15 ans, ont également été tués dans la bande de Gaza par des tirs de l’armée israélienne à travers la clôture séparant le territoire palestinien de l’Etat hébreu. Ils participaient à une manifestation de solidarité avec les Palestiniens de Cisjordanie et de Jérusalem et jetaient des pierres sur les forces de sécurité, dit-on de sources médicales à Gaza, où l’on fait également état de 13 blessés.

Au cours des dix derniers jours, quatre Israéliens sont morts poignardés à Jérusalem ou abattus par des agresseurs circulant en voiture en Cisjordanie, une douzaine d’autres ont été blessés à coups de couteau ou de tournevis, trois Palestiniens ont été tués et des dizaines d’autres blessés dans des heurts avec les forces de sécurité, au point que les observateurs évoquent la possibilité d’un nouveau soulèvement (« intifada ») dans les territoires occupés après ceux de la fin des années 1980 et du début des années 2000.

Le chef du Hamas à Gaza, Ismaïl Haniyeh, a estimé que ce vendredi marquait le début d’une troisième « intifada sur toute la terre de Palestine ».

La colère palestinienne trouve son origine dans la crainte que des visites régulièrement organisées par des groupes juifs, y compris par des élus, sur l’esplanade des Mosquées finissent par réduire le contrôle exercé par les musulmans sur la mosquée Al Aksa, troisième lieu saint de l’islam.

Face à la recrudescence des attaques palestiniennes, les maires de Jérusalem et d’autres villes ont appelé jeudi les Israéliens autorisés à porter une arme à se déplacer avec elle, une initiative critiquée par certains responsables politiques qui y voient un risque de dérive.

 Selon Reuters