Trois pelés et quatre tendus ont donc répondu le samedi 12 septembre à l’appel de l’extrême gauche, toutes tendances confondues à manifester pour faire tomber le projet de loi dit de « la réconciliation économique ». Autant appeler à faire tomber Béji Caïd Essebsi et Rached Ghannouchi et leurs deux mastodontes de partis, du pouvoir ! Encore une fois, l’extrême gauche a fait montre de myopie politique, aveuglée par sa haine, devenue légendaire, des destouriens et des islamistes et craignant que cette loi ne scelle définitivement, si elle passe, un rapprochement politique entre les deux composantes essentielles et historiques de la scène politique depuis au moins trente ans. Pis encore, elle s’est alliée avec ses ennemis d’hier, les phalanges fascistes des « ligues de protection de la révolution » fondées d’ailleurs par les adeptes du POCT à l’époque où son chef historique et actuel leader, appelait à dissoudre l’armée et à armer « le peuple » c.à.d. armer ces phalanges fascistes qui jurent aujourd’hui tous leurs Dieux que cette loi ne passera que sur leurs cadavres, alors que leurs sponsors et actuel protecteurs ne sont, hélas, que des cadavres politiques comme Marzougui, Abbou et autres tristes Sirs. Ce même chef historique croyait en 2011, dans un élan « révolutionnaire » pouvoir créer des « soviets », comme pendant la révolution bolchevique de 1917 en Russie. L’Histoire l’avait encore une fois démenti à l’époque.

La myopie de l’extrême gauche est inhérente à son idéologie encore « marxiste léniniste » qui rythme son action et son comportement politique et qu’elle n’a jamais reniée ou critiqué publiquement et même que son leader a cru bon de remettre à l’ordre du jour lors de sa visite en Grèce pour soutenir le camarade Tsipras chef de l’extrême gauche grecque devenue pour quelques semaines Premier ministre avant qu’il ne démissionne avec fracas après avoir livré son pays au chaos généralisé. A croire que la malédiction de l’échec poursuit inlassablement, là où elle est, l’extrême gauche même si elle se cache derrière des slogans démocratiques. Or l’extrême gauche tunisienne a toujours été stalinienne et dictatoriale même si elle s’est débarrassée de la faucille et du marteau, emblème du communisme pur et dur et du nom « communiste » devenu synonyme d’athéisme aux yeux du peuple. Ses chefs ont dépensé d’ailleurs beaucoup de leur temps à jurer leurs Dieux qu’ils sont de bons musulmans, comme tous les autres tunisiens. Or que l’on le veuille ou pas, on ne peut pas être bon musulman et jurer par Marx et Lénine, cela fera sauter ces deux derniers dans leurs tombes !

Refuser la Réconciliation c’est refuser la volonté populaire

A moins que les dirigeants de la Gauche aient cru au sondage bidon commandé et effectué par l’IVD pour les raisons que l’on sait, tout indique, que le peuple, meurtrie par une guerre civile larvée, même si elle n’a pas pris l’allure d’affrontements armés, comme en Libye, en Syrie au Yémen et même en Égypte, désire retrouver la sérénité d’antan, la sécurité, la paix sociale et retrouver les chemins de la croissance, de la prospérité ainsi que du travail, du labeur et de la richesse. Le peuple veut devenir aussi riche qu’avant, si non plus riche et pour cela, la seule voie passante est « la réconciliation nationale » et non seulement la réconciliation économique, qui n’est qu’une infime partie de la réconciliation globale, mais une infime partie qui est incontournable et qui constitue le passage obligé pour la relance de la machine économique. Sans « réconciliation économique », la reprise économique n’aura pas lieu et l’investissement intérieur et par ricochet extérieur se fera attendre longuement, très longuement. Tout ça, le vrai peuple, non celui qui existe dans les petites têtes des pseudos révolutionnaires, l’a compris et c’est donc pour ça qu’il s’est abstenu de battre les pavés de l’avenue Bourguiba, comme il l’avait fait de Bab Saadoun au Bardo, en pleine canicule du mois d’Août 2013. La majorité silencieuse a sa façon de s’exprimer et elle l’a fait savoir en tournant le dos aux excités et aux aigris ! Parions cependant, qu’ils n’ont rien retenu de la leçon et qu’il y’en a parmi eux qui continueront à s’exciter jusqu’au bout en appelant toujours à descendre dans la rue. En plus de ce triste spectacle d’une manifestation de quelques centaines ( 700 environs) , divisée en quatre groupes qui se vouent une haine indescriptible, malgré les masques des sourires de circonstances affichés pour les caméras, s’est ajouté un autre spectacle plus comique du chef « révolutionnaire » en costume cravate, reçu par le chef de l’État qui semble l’avoir apprivoisé en quelques minutes, Dieu sait comment et de son départ après la manif en 4X4 (qui vaut plus deux cents millions) entouré de quatre barbouzes professionnels. De quel peuple parle donc ce Monsieur ? Ceci uniquement pour l’image, sans parler de la lancinante question qui est sur toutes les langues : Qui a payé cash ses 800 millions de campagne publicitaire ? 800 millions dépensés d’ailleurs par un autre « révolutionnaire » chef aussi du même front pour « enjoliver » les panneaux publicitaires, propriété d’autres « azlem » qui se sont renfloué les poches à l’occasion, de portraits gigantesques ressemblant bizarrement à ceux d’un ex chef d’État. C’est vrai que ce publiciste, devenu subitement « révolutionnaire » sous-traitait les affaires d’un des gendres de ce dernier ! Triste « Révolution » et tristes « Révolutionnaires » d’opérettes ! Un vieux proverbe tunisien disait : Père ! Quand deviendrons nous des nobles ? Et le père de répondre : Quand les vieux du quartier passerons à trépas ! Or les vieux sont loin d’êtres morts ! Même qu’ils risquent de ressusciter et un autre proverbe français dit : Il ne faut jamais vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué ! Mais l’extrême gauche ne lis pas les proverbes, cette manne de sagesse laissée par les anciens. A cela ils préfèrent encore lire Staline ou Rosa Luxembourg.

La Réconciliation ou le chaos

La réconciliation aura le mérite, si la loi passe, de libérer les forces vives qui ont construit et dirigé l’État et la Nation, pris en otage depuis le 14 Janvier par un système hybride et obsolète, qui a déclenché les bas instincts de la populace, instincts meurtriers et vindicatifs mêlés à des velléités revanchardes d’une partie de l’élite, marginalisée à outrance par l’ancien régime et opprimées par ses politiques autoritaristes. Cette élite (nonobstant ses appartenances idéologiques et politiques), n’avait pas su par la suite prendre la relève et continuer l’œuvre de construction nationale pour bâtir un État fort et démocratique, corriger les inégalités sociales et régionales et booster l’économie en libérant les forces vives créatrices de richesses. Pauvre intellectuellement et politiquement, cette élite a rabâché pendant cinq ans des slogans creux, tout en menant l’État et la société à l’anarchie devenue synonyme de « Révolution » ! Le résultat est catastrophique, en dehors de certaines libertés et acquis démocratiques certains, mais qui restent réversibles et à la merci d’un retour de manivelle devenu plus que probable. Ce retour de manivelle peut prendre l’aspect d’un retour à l’ordre autoritaire, indépendamment de qui l’imposera et quand ! Refuser d’entamer tout de suite la réconciliation, c’est laisser la porte ouverte à l’inconnu surtout que l’on sait ce qu’il en est advenu du « printemps arabe » dans d’autres pays. D’où la myopie de l’extrême gauche ! Les bailleurs de fond de ce « printemps » opèrent un changement de cap dont les signes avant coureurs sont apparus d’abord en Egypte et se cristallisent en ce moment sur la Syrie et ensuite la Libye. Ils ont maintenant besoin d’États alliés mais forts. La Tunisie est désormais un État « allié stratégique » mais qui est loin d’être fort. D’où l’impératif de rééquilibrage qui peut aller jusqu’à mettre en parenthèse l’expérience démocratique. N’oublions pas que la Tunisie n’est qu’un laboratoire ! Les résultats obtenus dans ce laboratoire ne sont pas tous concluants. Ils laissent même apparaître une tendance vers le « Chaos » économique puisque le pays est au bout du gouffre et d’un jour à l’autre la monnaie risque d’être lourdement dévaluée, ce qui aura pour conséquence une chute brutale du pouvoir d’achat et son lot de misères. La directrice du FMI lors de sa récente visite, n’a pas mâché ses mots et s’est même payé le luxe de donner des ordres publiquement au gouvernement. Après tout la Tunisie n’est pas plus européenne que la Grèce ! Il faut que l’État licencie à tour de bras puisque la masse salariale a atteint un taux de 13% par rapport au PIB, ce qui est un des taux les plus élevés au monde. Devant cette situation il n’y a qu’un seul moyen : Relancer la machine économique en injectant de l’argent frais ! Or aucun homme d’affaire censé, ne déboursera un sous (rouge) tant que pèsent sur lui l’épée de Damoclès d’un procès, surtout que la loi dite de la justice transitionnelle s’étend jusqu’à 1955 (Sic), car soyons clairs, l’immense majorité des hommes d’affaires prospères avaient à un moment ou un autre bénéficié d’un « coup de pouce » que la loi mise en place par l’ancien régime, incrimine ! Mais c’est l’histoire du Capitalisme partout et dans toutes les sociétés. Dans les sociétés démocratiques et évoluées, on a prévu cela en recourant aux amnisties de tout genre ! La pauvreté de la culture politique et historique de l’actuelle classe politique et le manque d’expérience dans la gestion des affaires du pays, ont fait que ses ténors se sont évertués à développer des théories oiseuses sur la transparence et la bonne gouvernance. Or si on applique la loi en vigueur, l’écrasante majorité des ministres actuels et de ceux qui les ont précédés, ainsi que les hauts fonctionnaires de l’État iront en prison en vertu de l’article 96 du code pénal. D’ailleurs rien ne dit qu’ils n’iront pas un jour, raison pour laquelle, la lus part des PDG, des Directeurs Généraux des établissement publics, les directeurs des crédits des Banques, refusent de signer les documents et prendre les décisions. Le résultat est catastrophique puisque plus de 10 milliards de dinars octroyés pour les projets de développement, bien qu’ils soient disponibles restent bloqués privant le pays de milliers de postes d’emplois et d’un taux de croissance honorable. Et cela va continuer quelque soit la couleur politique du Gouvernement ! Le Chaos est donc inscrit dans le système, à moins qu’une initiative courageuse comme la loi de la réconciliation ne débloque la situation.

Quant à l’extrême gauche, autiste, il y a fort à parier qu’elle éclatera en mille morceaux !