Dans un éditorial qui engage toute l’équipe de la rédaction du journal américain New York Times, Le Président de la République est pris à partie pour avoir déclaré «l’état d’urgence », laissant craindre que cette décision lui donnerait le pouvoir de limiter « beaucoup de libertés pour lesquelles les tunisiens avaient combattu l’ancien Président Zine al-Abidine Ben Ali ». L’éditorial précise « It is unclear how the state of emergency will help Tunisia combat these attacks…», ( Il n’est pas clair comment cet état d’urgence va aider la Tunisie à combattre ces attaques terroristes), mettant ainsi en doute les bonnes intentions de BCE et il poursuit que «The state of emergency allows Mr. Essebsi to curtail the right to strike and to public assembly » accusant implicitement le Président de la République Tunisienne, encensé par le même journal proche des milieux démocrates américains lorsqu’il a assisté à la signature du «memorandum of understanding», de vouloir renouer avec les méthodes autoritaires de l’ancien régime.

Selon le journal, le pays n’a pas besoin d’accorder de nouveaux pouvoirs que confère la loi de l’état d’urgence pour lutter efficacement contre le terrorisme. Si ce n’est pas de l’ingérence dans les affaires intérieurs de l’État tunisien, qui va jusqu’à dicter ce qu’il faut utiliser comme arsenal législatif pour combattre un ennemi aussi mortel que le terrorisme, comment peut-t-on appeler cela, sachant que l’éditorial de ce même journal exprime souvent le point de vue de l’administration démocrate ? Le même journal ne s’était nullement offusqué de la déclaration de ce même état d’urgence sous la Troïka pendant prés de trois ans. La lune de miel entre BCE et les américains aurait été de courte durée après la signature du fameux MoU entre la Tunisie et les USA. Tout pousse à croire que ce MoU sera sans lendemain et les américains le savent, puisque BCE a répété à qui veut l’entendre que cela n’oblige en rien l’État tunisien et que son conseiller diplomatique a déclaré à plusieurs reprises aussi que cet accord n’engage en rien la Tunisie désavouant de fait la signature du conseiller politique de l’époque, dans parler des émissaires envoyés en Algérie et en Russie pour « rassurer » ces pays amis.

Le journal semble avoir BCE en ligne de mire et il faut s’attendre à la multiplication des articles qui, au nom de la défense des libertés et des droits de l’homme visent à faire pression sur l’exécutif tunisien.