37 morts dans une fusillade dans un hôtel à Sousse; un chef d’entreprise décapité dans un attentat en France; 25 tués dans l’attaque d’une mosquée au Koweït et des dizaines d’autres sur une base en Somalie: le deuxième vendredi du Ramadan a été marqué par une flambée de violences portant la marque des jihadistes. Cette vague meurtrière survient trois jours après un appel du groupe jihadiste Etat islamique (EI), qui combat en Irak et en Syrie, incitant les musulmans dans le monde à engager la guerre sainte contre les «mécréants» durant le ramadan, qui a commencé le 17 juin. Mais rien n’indiquait dans un premier temps que les attaques de vendredi aient été coordonnées.

Tunisie : appel à l’aide du président 

En Tunisie, 37 personnes, dont des touristes étrangers, ont été tuées et 36 blessées lorsqu’un homme a ouvert le feu à la mi-journée dans un hôtel et sur une plage de la station balnéaire de Sousse, le pire attentat de l’histoire récente de la Tunisie.

Selon le ministère de l’Intérieur, un homme armé «s’est infiltré par l’arrière de l’hôtel et a ouvert le feu». Il a ensuite été abattu.

L’attentat survient près de trois mois après l’attaque le 18 mars de l’EI contre le musée du Bardo à Tunis, où 21 touristes et un policier avaient péri, nouveau coup dur au secteur vital du tourisme.

Tunis ne peut pas faire face «seul» aux jihadistes et réclame une «stratégie globale» de lutte, a affirmé dans l’après-midi le président Béji Caïd Essebsi.

France : 6 mois après Charlie 

En France, près de six mois après les attentats sanglants de Paris, un homme est mort décapité dans un attentat jihadiste contre un site industriel sensible près de Lyon, dont l’auteur présumé a été arrêté.

C’est la première fois qu’une décapitation a lieu dans ce pays lors d’une attaque terroriste, une pratique en revanche fréquente en Syrie et en Irak pour l’EI. L’attaque a visé vers 08H00 GMT une usine de gaz industriels du groupe américain Air Products à Saint-Quentin Fallavier, près de Lyon (sud-est). L’assaillant, identifié comme Yassin Salhi, serait arrivé dans une voiture bénéficiant d’un agrément pour accéder à l’usine, classée sensible, avant de foncer sur des bonbonnes des gaz, stockées en masse. Une «énorme explosion», selon un riverain, s’est alors produite.

Selon des images de vidéosurveillance, l’homme avait préalablement signé une macabre mise en scène, en accrochant sur le grillage extérieur la tête décapitée de son employeur, entourée de drapeaux islamistes. Les pompiers dépêchés sur place l’ont ensuite maîtrisé, avant de le remettre aux autorités.

Yassin Salhi, 35 ans, est connu pour ses «liens avec la mouvance salafiste», qui regroupe les musulmans sunnites radicaux. «On est des musulmans normaux, on fait le ramadan. Normal. On a trois enfants, une vie de famille normale», a plaidé sur une radio son épouse, avant d’être interpellée, de même que la soeur de Yassin Salhi ainsi qu’un autre homme.

Les autorités françaises redoutaient de nouveaux attentats après les sanglantes attaques commises au nom de l’islam radical qui ont fait 17 morts début janvier à Paris. Le président François Hollande a appelé les Français à «ne pas céder à la peur» et promis d’«éradiquer les groupes et les individus qui sont responsables de tels actes».

Koweit et Somalie : dizaines de morts

Au Koweit, un attentat anti-chiite revendiqué par l’EI a visé une mosquée de la capitale, faisant 25 morts et 202 blessés, selon un bilan officiel. C’est la première attaque ciblant un lieu de prière fréquenté par des chiites dans ce riche émirat pétrolier à majorité sunnite. L’EI sunnite, qui considère les chiites comme des hérétiques, a rapidement endossé la responsabilité de l’attentat mené pendant la grande prière dans la mosquée Al-Imam al-Sadeq à Koweït City.

En Somalie, à une centaine de km au nord-ouest de Mogadiscio. des dizaines de soldats ont été tués dans l’attaque par les islamistes shebab d’une base de la force de l’Union africaine (UA) à Lego, tenue par un contingent de l’armée burundaise, ont affirmé des témoins. «Les combats ont été les plus violents jamais observés dans la zone, les combattants shebab ont pris complètement le contrôle de la base et tué de nombreux soldats», a déclaré à l’AFP un chef local.

Toutes ces attaques ont soulevé une vague d’indignation, notamment dans les capitales européennes, qui ont aussi dit leur solidarité avec les pays touchés.

La Maison Blanche a condamné des attaques «odieuses», et le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon a dénoncé des actes «effroyables».

Selon AFP