Certains cadres de Nidaa Tounes, d’extraction destourienne, ont voulu lancer un mouvement en faveur du retour des statues de Bourguiba dans les villes tunisiennes et particulièrement à Tunis, et ce, à l’occasion de la date anniversaire du 1er Juin 1955, celle du retour triomphal du «Zaïm », manifestant par ce biais une sorte d’attachement aux fondements du projet politique bourguibien.

En ce jour anniversaire, BCE a reçu quelques anciens militants nationalistes destouriens. Le gouvernement s’est contenté d’un « silence radio ». Les groupuscules destouriens, continuant à se diluer n’ont rien fait. Les partis de la coalition gouvernementale ne se sont pas sentis concernés par l’événement et ceux de l’opposition, encore moins ! Une minorité de cadres politiques de Nidaa, ont tenté de lancer une mobilisation pour un rassemblement pour soutenir le projet du retour de la statue du premier Président de la République Tunisienne à la capitale, par le biais de facebook et des SMS. Le jour J, les personnes sensés prendre part, à travers leurs appels sur les réseaux sociaux et autres supports, ont brillé par leur absence. Les citoyens quant à eux, étaient moins sensibilisés que les militants facebookers.

Certaines remarques s’imposent :

  • Le parti Nidaa n’est pas assez fort pour imposer au gouvernement la célébration de cet événement national et engager le projet de retour de la statue de Bourguiba, alors que BCE avait écrit : « Mais lorsque le temps fera son oeuvre, que le bon grain se sera débarrassé de l’ivraie et que l’Histoire prendra sa part sur l’actualité, Habib Bourguiba sortira alors du purgatoire et la statue équestre du plus illustre des tunisiens prendra sa place à Tunis, sur l’avenue Habib Bourguiba, face à la statue de Abderrahmane Ibn Khaldoun, le sociologue tunisien, le plus illustre de tous les temps ». (BCE ; Habib Bourguiba, «le bon grain et l’ivraie».2009.)
  • S’il est vrai que les deux partis de la coalition, Afek et l’UPL, n’ont rien à avoir avec cette initiative, le 4ème parti de la coalition gouvernementale, Ennahdha n’a jamais cessé de considérer Bourguiba comme un mal absolu, un ennemi de la religion et de la patrie et cela ne changera pas, n’en déplaise aux maquilleurs, aux maquillés et au maquillage communicationnel des uns et des autres.
  • Le parti Nidaa Tounes n’a plus d’unité politico-idéologique en son sein pour pouvoir engager (en dehors des initiatives gouvernementales) une initiative d’action populaire de grande envergure pour encadrer ce qui lui reste comme sympathisants et militants et déclencher une dynamique capable de mettre fin à la descente en enfer qu’il subit pour cause de tergiversation, d’engagements politiques non tenus, de manque de compétences dans la gestion des affaires de l’État et de beaucoup d’autres raisons que nous tenterons ultérieurement d’analyser. Nidaa est en effet englué dans des luettes florentines de prise de pouvoir en son sein. Certains de ses dirigeants sont devenus des jouisseurs d’une victoire électorale réalisée grâce à des gens qui se sentent trahis. D’autres cadres sont devenus des voyeurs de la jouissance des premiers en espérant que…Par ailleurs, des militants déboussolés, n’ont pas encore digéré les contradictions, rapidement engendrées par cette situation, rongent leurs freins et se projettent dans des hypothèses inquiétantes pour l’avenir de ce parti et pour le pays.
  • Ainsi, les initiatives d’action sont devenues l’œuvre de groupes de militants ou de « copains » derrière le rideau « d’initiatives citoyennes »… Est-ce ainsi que les partis vivent, survivent et font semblant de combattre ?!!
  • Le militant sincère et le cadre sérieux qui se limitaient à faire de la propagande et les plans d’agitation et de mobilisation politiques par facebook et qui ne daignent même pas faire le suivi de leurs initiatives, pouvaient-t-ils sauver l’acquis du combat qui a permis l’élimination de la Troïka du pouvoir et la victoire électorale de Novembre 2014  et éviter ainsi le pire : Le retour de l’Islamisme politique (et ses supports) au pouvoir de cette fameuse stat en vue ?
  • Le climat politique dans le pays et dans le Nidaa ne peut évoluer que négativement, si des mesures et des projets salvateurs ne sont pas pris rapidement, conçus, élaborés et appliqués. Mais cela est une autre histoire! Et n’oublions pas que tous les demains « sont un autre jour » avec leurs lots de complications et de défis !
  • Si l’échec du rassemblement en faveur du retour de cette fameuse statue de Bourguiba à sa place d’origine, comme l’avaient espéré certains militants de Nidaa et d’autres, n’est pas la fin du monde, il révèle néanmoins une crise politique sérieuse dans le camp de ceux qui adhèrent d’une manière ou d’une autre (même critique) au projet de société bourguibien. Cette crise touche en premier lieu leur capacité à mobiliser les citoyens. C’est ainsi que les fins commencent !!