La visite surprise effectuée par le haut représentant européen en Tunisie fin Avril où il avait rencontré plusieurs parties libyennes engagées dans le processus de dialogue contrôlé par l’Union Européenne, visait à accélérer la formation d’un gouvernement « d’Union Nationale » afin d’obtenir le feu vert pour une intervention militaire européenne en Libye pour détruire les bateaux des passeurs et des trafiquants qui sillonnent la méditerranée et livre à la mort des milliers de personnes qui tentent de rejoindre l’autre rive. En réalité, le sommet des chefs d’État européens tenu dans l’urgence à Bruxelles, le 23 Avril a déjà pris une série de mesures pour stopper le phénomène à la source, c.à.d. chez les voisins du sud. La commission européenne va présenter une feuille de route cette semaine et Federica Mogherini le chef de la politique étrangère de l’UE, a commencé à se déployer diplomatiquement, en appelant à une intervention militaire en Libye.

Mais l’UE est dans l’impasse car sa décision de détruire les bateaux des trafiquants avant qu’ils ne prennent la mer est contre le droit international et peut être considérée comme une ingérence dans les affaires d’Etats souverains. François Hollande, le Président français a d’ailleurs annoncé que son pays compte provoquer une décision du Conseil de Sécurité pour légitimer cette intervention, à condition évidemment que la Chine et la Russie n’opposent pas leurs vétos. Mogherini a même rencontré le Secrétaire d’État américain John Kerry pour avoir son soutien alors que Hollande en avait parlé à Poutine après le sommet. Mais Ban Ki-Moon le SG de l’ONU semble très réticent. Reste la solution libyenne qui consiste à imposer aux belligérants de constituer un gouvernement « d’Union Nationale », qui donnera le feu vert pour intervenir sur le territoire libyen, intervention jusqu’à maintenant refusée par les deux gouvernements légitime de Tobrouk et illégitime de Tripoli. Le plan de l’intervention intitulé pompeusement « Opération Internationale de police » a été concocté par l’Italie qui s’inquiète de la menace grandissante des groupes djihadistes libyens.

D’un autre côté l’UE compte sur les pays de la rive sud de la méditerranée pour garder ses frontières moyennant quelques subsides, notamment la Tunisie et l’on commence déjà dans certains pays africains à installer des camps pour parquer les prétendants à l’asile. L’UE a déjà commencé à envoyer des « officiers de liaisons » aux pays du Maghreb pour une collaboration en matière de renseignements. L’UE aurait même financé la construction de prisons en Libye pour accueillir des milliers de réfugiés africains.

La politique de l’UE en matière d’asile se réduit à empêcher tout demandeur d’asile à arriver à ses côtes. Pour les pays qui se disent champions en matière de droits de l’homme, on aura tout vu.