Par Moncef GOUJA /      

Le New York Times du 18 Mai publie un article de Carlotta Gall, qui éclaire le contenu de la visite qu’effectuera le Président de la République, BCE aux USA où il rencontrera son homologue américain Barak Obama avec qui, fait inédit, il cosignera un article qui sera publié probablement sur les colonnes du Washington Post ou du New York Times. Il rencontrera aussi d’autres hauts responsables américains, accompagné d’une délégation composée entre autre par des ministres de la coalition au pouvoir. Sur le plan strictement protocolaire, on ne sait pas si Barak Obama offrira un dîner en l’honneur de son hôte tunisien, avec échanges de toast, fait rarissime aux USA et notamment sous administration Obama et qui serait considéré comme une marque de haute estime surtout à un Président arabe et musulman.

Selon Carlotta Gall, BCE aurait déclaré « We are in a very difficult situation, and if Tunisia is going to get out of that, we need support » ;( Nous sommes dans une situation difficile et si la Tunisie veut s’en sortir, nous avons besoin d’aide). BCE avait l’habitude de déclarer que la Tunisie ne mendie jamais, mais là il semble enfreindre la règle qu’il a lui-même établie. Disons que c’est plutôt un appel à l’aide comme il va aussi le faire lors du sommet du G7, des pays les plus riches en Juin en Allemagne, où selon la même journaliste, « he will also be appealing, discreetly, for help, as his government prepares for a costly structural overhaul of the economy to free it from stultifying state control, attract foreign investment and create jobs, a central demand of the revolution. » En clair BCE demandera encore de l’aide aux G7, qu’il a déjà accusé de ne pas tenir leurs promesses de 2011, lorsqu’il était premier ministre. L’on sait que les aides américaines et européennes sont conditionnées par une libéralisation totale de l’économie et le désengagement total de l’État. Mais sans se faire trop d’illusions, il est connu que les américains ne mettent jamais leur main à la poche et que tout au plus ils lanceront un appel pour les investisseurs américains s’intéressent à la Tunisie, appel qu’ils avaient déjà lancé plusieurs fois depuis des années sans résultat tangible. Côté économique, les résultats de ce voyage risquent d’êtres plus maigres que les résultats du voyage de BCE en France. D’autre part, selon le journal The National Interest du 18 Mai, « U.S. officials would first like to see Tunisians demonstrate that they are truly taking incremental steps toward structural economic reforms. So far, the Tunisian government has caved to pressure from the labor unions, most recently raising public-sector wages in a move that runs counter to recommendations from international financial institutions» ce qui signifie que les américains attendent du gouvernement tunisien une application rigoureuse des recommandations du FMI et de la Banque Mondiale, notamment la suppression de la caisse de compensation et la diminution de l’État. C’est donc le cercle vicieux.

Mais c’est du côté de l’aide militaire que l’on peut s’attendre à des offres plus consistantes, non pas pour les beaux yeux de BCE, mais pour des raisons qui concernent la sécurité nationale américaine.

En effet, la nouvelle doctrine US en matière de défense de ses intérêts stratégiques se résume en un mot : The Soft Power, qui consiste tout simplement à aider ses alliés, et la Tunisie est en passe de devenir un allié stratégique, à faire le travail. D’où l’aide militaire qui va être doublée ou même triplée, d’autant plus que la Tunisie va devenir un NO MEMBER OF THE NATO, ce qui lui accorde d’énormes facilités militaires, mais personne ne sait en contre partie de quoi ? C’est un secret des Dieux et seul BCE et Obama et peut être l’élite militaire le savent. Une discrétion totale est observée à ce sujet, mais ce que l’on sait c’est que l’aval d’Obama va être donné à l’adhésion pour être un NO MEMBER ! Déjà les USA ont livré des véhicules militaires et des bateaux rapides, en plus des hélicoptères Black Hawk commandés. Priorité donc à la lutte contre le terrorisme et à la sécurisation des frontières. Mais l’on ne sait toujours pas si ce sont des aides ou des ventes ! Il est probable que d’autres équipements et d’autres armes seront commandés après la visite de BCE, puisque des réunions seront tenues juste après pour évaluer les besoins de l’armée tunisienne.

Quelques soient les résultats, ce voyage s’inscrira dans l’histoire comme étant un tournant dans les relations entre la Tunisie et les USA.