Un silence assourdissant et suspect entoure la classification par le département d’État US du tunisien Ali Ouni Harzi, comme « Global terroriste ». Le magazine web américain Business Insider, dans sa page Military and Defense, révèle le pot au rose. En effet, le gouvernement US, tout en classant Harzi sur la liste des « Globals Terrorists » omet sur le site du Département d’État de préciser que le présumé terroriste est accusé d’avoir participé à l’attaque contre le Consulat américain de Benghazi par Al-Qaïda le 11 septembre 2012 dont une des victimes n’est que l’ambassadeur US en Libye. Or l’ONU, qui a sa propre liste, ajoute quelques jours après ce même terroriste à sa liste en précisant « Il a planifié et exécuté l’attaque du Consulat des Etats-Unis à Benghazi en Libye le 11 septembre 2012 » ; En effet, ce tunisien, selon le journal américain était un des premiers suspects identifié par les services américains.

Selon un autre journal américain, The Daily Beast l’implication de Harzi a été découverte par les services US de sécurité parce qu’il avait posté sur son site l’information sur l’attaque tout juste après son commencement, ce qui prouvait qu’il y avait participé. C’est pour cela qu’il fût arrêté en Turquie, alors qu’il s’apprêtait à entrer en Syrie, probablement pour rejoindre al-Qaïda. Il fût ensuite livré à la Tunisie sous le gouvernement Jebali qui l’arrêta et permit ensuite à des agents du F.B.I de le cuisiner. Ansar al-Chariaa dont il était membre publièrent alors un communiqué pour condamner l’attitude du ministre de la justice d’alors, Noureddine Bhiri pour avoir permis aux agents américains du F.B.I de le questionner dans la prison de Mornaguia. Rappelons que Bhiri avait refusé tout d’abord de répondre à la demande américaine avant que des pressions US ne s’accroissent allant jusqu’à la menace de suspension de l’aide militaire US à la Tunisie, lancée par un sénateur républicain influent. En Janvier 2013, où moment ou l’on jetait en prison les anciens responsables de l’Etat, ce dangereux terroriste fût libéré par ce même Bhiri ; Ansar al Chariaa postèrent même une vidéo pour célébrer sa libération où Harzi se paya même le luxe de faire un discours triomphal. Mais lors d’une séance au Sénat, Hilary Clinton et John Brennan actuel directeur de la C.I.A ont étés interpellés à propos de la libération de ce terroriste. Clinton répondit alors : «Les tunisiens nous ont assurés qu’il est sous surveillance de la justice (Under the monitoring of the Court) c’est-à-dire sous le contrôle de Bhiri !!! Mais en Février 2013 Brennan devenu Directeur de la C.I.A déclara « Ne rien avoir comme information à propos de Harzi et donc que sa libération n’est pas inquiétante ».

Selon le journal américain Business Insider les autorités tunisiennes ont failli à leur devoir et il accuse le gouvernement de la Troïka er surtout son ministre de la justice Noureddine Bhiri d’avoir trompé les américains. Le Ministère tunisien de l’Intérieur a accusé Harzi d’être parmi les instigateurs des deux assassinats de Belaïd et de Brahmi, mais ni le Département d’État ni l’ONU ne mentionnent cela sur leurs sites. D’autre part il s’avère que son frère Tarek est un des dirigeants d’Al Qaïda en Irak depuis 2004 et fût condamné par la justice tunisienne en 2007 à 24 ans de prison. Comme tous les autres terroristes libérés après la fameuse révolution, il aurait été sûrement amnistié.

Une question se pose : Pourquoi les américains ont-t-ils laissé filer un aussi gros poisson ? Rejeter la balle au gouvernement de la troïka pour son « laxisme » n’est pas très convaincant, surtout lorsqu’il s’agit d’un des assassins de leur ambassadeur à Tripoli et qu’ils l’avaient identifié dés les premières heures ? Pourquoi le gouvernement turc, s’agissant d’un terroriste aussi important avait-t-il préféré le livrer au gouvernement islamiste tunisien ? Et enfin pourquoi Ennahdha et particulièrement Ali Larayedh alors ministre de l’intérieur et Noureddine Bhiri, ministre de la justice avaient-t-ils laissé filer un terroriste aussi dangereux ?

Ce qui est sûr c’est que cette question ne tardera pas à se reposer aux USA surtout que l’affaire de Benghazi est loin d’être close.