Par Moncef GOUJA /

Le Président de la République B.C.E assistera en Juin prochain au sommet du G8 qui sera tenu en Allemagne, invité par Angela Merkel chancelière et hôte du conclave. Déjà à maintes reprises, B.C.E avait exprimé sa « déception » non pas seulement du G8 mais de l’Union Européenne surtout.

Le 26 et 27 Mai 2011, BCE, alors premier ministre, avait été invité à Deauville en France pour assister au sommet des chefs d’États les plus puissants de la planète, qui, à l’unisson avaient salué « la révolution tunisienne » et avaient promis 10 milliards de dollars au précurseur « du printemps arabe » pour qui, ils avaient consacré leurs travaux. Une déclaration commune saluait même « les changements historiques actuellement à l’œuvre en Afrique du Nord et au Moyen-Orient » (2011), qui, selon eux étaient comparables « aux transformations survenues en Europe centrale et orientale après la chute du mur de Berlin », rien moins que ça ! L’on sait depuis ce qu’il est advenu de ce printemps infernal qui a détruit des nations et mis à genoux d’autres comme la Tunisie ! Ces chefs d’États les plus puissants de la planète, avaient alors fait croire qu’ils allaient donner des ordres à leurs banques pour débloquer 20 milliards de dollars de 2011 à 2013 pour venir au secours des « révolutionnaires » qui avaient pris le contrôle de ces pays printaniers. On se rappelle des fanfaronnades de l’ex ministre des finances de B.C.E à l’époque le dénommé Jalloul Ayed dont l’action à la tête du ministère des finances a laissé des trous noirs dans le budget de l’État et où l’on a siphonné plus de 6000 milliards laissés par le régime « contre-révolutionnaire » de Ben Ali. Il avait alors présenté un projet rocambolesque d’une demande de financement au G8 de…12 milliards de dollars soit presque 24 milliards de dinars. Aucun millime (sourdi ahmar) n’a été déboursé dans ce cadre et la Tunisie dut subir les dictats du F.M.I et de la banque mondiale et n’obtenir, sous conditions que 1,7 milliards de dollars dont l’essentiel a été dilapidé par la mauvaise gestion de la Troïka. Des conditions draconiennes concernant la suppression de la caisse de compensation, la réduction des effectifs de l’administration et des privatisations ont étés imposées et l’État tunisien se trouva en 2015 avec plus de 5 milliards de dollars de déficit et est contraint de vendre ses parts dans les banques publiques à des privés, certainement étrangers, pour 1 milliards de dinars pour boucler le budget et donc pouvoir payer les salaires. Avec le terrorisme en prime et les contrats faramineux d’armes qui en découlèrent en plus ! Pire encore même les pays « amis » comme la France avec laquelle la Tunisie est endettée à hauteur de 2.479 milliards d’euros a à peine consenti, selon la déclaration de François Hollande après sa rencontre avec B.C.E, de convertir la dette de 60 millions d’euros (136.8 millions de dinars), promesse faite déjà à Hammadi Jebali, Président du gouvernement de la Troïka et non tenue aussi. Même pas le prix d’un Hôtel 5 étoiles ! Mais convertir, c’est encore continuer à pomper des devises à la Tunisie, sous couvert d’investissements !

Le plus drôle mais aussi plus cynique, c’est qu’on continue à nous faire croire que les voyages de B.C.E vont nous ramener de l’argent, ce qui est normalement le rôle d’un chef d’État ! N’est-t-il pas le premier V.R.P de la Nation comme pour le cas des pays démocratiques ? Mais comme pour son dernier voyage en France ainsi que le prochain en Allemagne et enfin celui des U.S.A, pas un sou ne sera ramené. Un de ses conseillers, a trouvé une meilleure astuce pour « vendre » ces voyages à l’opinion publique tunisienne encore très crédule : « Les voyages de B.C.E sont politiques ! A-t-il déclaré ! « La Tunisie ne va pas mendier » dit-il solennellement et sans rire ! Sans blague ! On n’arrête pas de le faire sans que personne parmi les bailleurs de fond n’y prête la moindre attention ! C’est vous dire combien pèse la parole de nos dirigeants.

Quant à la réunion du prochain G8 en Allemagne, où B.C.E aura l’honneur d’assister au nom de la Tunisie, nous pouvons déjà lancer les paris ! Oui on aura les paillettes et les belles paroles, sans rien de plus. C’est vrai que le voyage de B.C.E, qui ne tardera pas à amener dans ses valises des journalistes tunisiens, qui ne tarderont pas à leur tour de lui renvoyer l’ascenseur en l’encensant et en lui tressant des lauriers pour avoir « réussi » à se faire inviter et à figurer, ne serait ce qu’un jour, à la messe des puissants de ce monde, sera du pain béni pour son équipe de Com. Mais cette fois-ci il sera difficile de faire avaler la couleuvre à nos citoyens qui commencent à donner des signes d’impatience. Les 100 jours de grâce du gouvernement Nidao-nahdhaoui sont hélas finis ! Attendons-nous au pire !