Le père fondateur de Singapour, Lee Kuan Yew, est décédé lundi à l’aube, à l’âge de 91 ans. Avec une longue carrière politique en tant que chef du gouvernement, M. Lee est largement considéré comme l’architecte du Miracle économique de Singapour : en seulement une génération, la petite colonie britannique a rejoint les rangs des pays développés.

En 1959, l’année où Singapour a acquis une autonomie au sein du Commonwealth, Lee Kuan Yew est devenu le premier Premier ministre du pays, à l’âge de 35 ans. Depuis, cet homme politique, titulaire d’un diplôme en droit à Cambridge, a tenu les rênes du cabinet jusqu’en 1990. Après sa retraite, il est demeuré une figure influente sur l’arène politique du pays. Au cours de son mandat, Singapour a connu un grand succès économique et a émergé comme l’un des pays les plus développés du monde.

De 1960 à 1984, l’économie de Singapour a progressé à un taux annuel de 9%, une performance qui a permis au pays de sortir de la pauvreté pour éventuellement s’intégrer au club des Quatre tigres asiatiques. Selon les statistiques officielles, le produit intérieur brut par habitant (PIB) à Singapour n’était que de 428 dollars en 1960, mais ce chiffre a rapidement augmenté pour dépasser la barre des 10.000 dollars en 1989.

En 2014, le PIB du pays a atteint 56.000 dollars, ce qui a permis à Singapour d’atteindre le 8e rang des économies du monde, devançant ainsi bon nombre d’anciens pays industrialisés. Le commerce constitue l’un des principaux moteurs de l’économie singapourienne. Grâce à plusieurs décennies de politiques favorables au commerce adoptées par M. Lee et au développement des installations portuaires depuis les années 1960, Singapour s’est transformé en l’un des points de transit de marchandises les plus fréquentés du monde, un avantage que le pays conserve encore aujourd’hui.

A partir de 2004, Singapour a été classé par la Banque mondiale, pour neuf années consécutives, le meilleur pays pour faire des affaires. Selon des observateurs, le succès de Singapour est une combinaison de nombreux facteurs, et l’approche musclée de M. Lee contre la corruption y a certainement joué un grand rôle.