La déclaration du chef de gouvernement concernant le déficit des caisses de sécurité sociale et celui des entreprises publiques est significative, surtout la veille de l’ouverture des négociations sociales essentiellement entre l’UGTT et le gouvernement. Le déficit annoncé et qui est colossal pourrait s’aggraver davantage pour mettre le pays à genoux et conduire la Tunisie vers la faillite. Pour éviter ce sombre dessein, deux conditions devraient être réunies au préalable, à savoir une étude actuarielle concernant les caisses de sécurité sociale, un plan de redressement des entreprises publiques et la suppression graduelle de la Caisse Générale de Compensation (CGC), d’une part, et un nouvel état d’esprit de la part de la Centrale syndicale, d’autre part.

L’enjeu est tellement grand que la satisfaction des revendications sociales sur le plan des augmentations salariales, pourrait non seulement aggraver le chômage des jeunes, mais entrainer un déséquilibre général dans les comptes de l’État. Rappelons que la CGC créée en 1974 du temps de Hédi Nouira était excédentaire pendant les deux premières années, puis elle était devenue déficitaire depuis, pour atteindre aujourd’hui un déficit de plusieurs milliards de dinars. Celui des Caisses de sécurité sociale connaitrait le même sort au bout de quelques années et pèserait lourdement sur le budget de l’État si des mesures urgentes et éclairées ne seront pas prises à temps. Ces gouffres à pognon pourraient aboutir, à terme, à une cessation de paiement des salaires et des pensions de retraite… Seule une prise de conscience générale pourrait éviter cette déchéance. L’UGTT devrait être aux côtés des chômeurs plutôt que du côté des fonctionnaires. L’exemple du syndicat des enseignants du secondaire montre l’opportunisme d’un corps farouche dans ses revendications et médiocre dans son rendement professionnel.

 Thameur MAATOUG