Kinshasa connaissait mardi une deuxième journée de violences entre policiers et jeunes hostiles au président Joseph Kabila, où la mairie d’un quartier de la capitale a été incendiée, en marge de l’examen d’une nouvelle loi électorale controversée. Dans l’après-midi, une centaine de jeunes émeutiers ont pris d’assaut puis mis le feu à la mairie de la commune de Ngaba, un quartier sud de Kinshasa, et sont restés plus d’une demi-heure à regarder l’incendie ravager ce bâtiment symbole de l’Etat. Les forces de l’ordre étaient absentes, et les rues alentour désertes.

« Nous sommes fatigués de Kabila. Il faut qu’il parte », a déclaré à l’AFP un protestataire.

Mardi, Kinshasa était privée d’internet, sur ordre des autorités. Les envois de sms étaient impossibles depuis le début de la matinée de mardi et les services 3G indisponibles, selon des journalistes de l’AFP et de nombreux habitants. La capitale était le théâtre de nombreuses scènes de pillages, observées par des journalistes de l’AFP ou rapportées par des témoins, dans plusieurs quartiers du sud et de l’ouest de la capitale.

Lundi, la police avait ouvert le feu sur les étudiants pour les disperser. Au total, les autorités ont dénombré quatre morts (deux policiers et deux « pilleurs »), mais selon l’opposition et un diplomate, il pourrait y en avoir eu bien plus, jusqu’à une quinzaine.

Les violences de lundi ont eu lieu alors qu’un collectif d’opposants avait appelé la population de Kinshasa à « occuper massivement le Parlement » pour dénoncer le projet de révision de la loi électorale, approuvée samedi par les députés, en l’absence de la quasi-totalité des élus de l’opposition, qui boycottent les débats. Le Sénat examinait le texte en séance plénière mardi après-midi alors que la police bouclait tous les accès au Parlement. Le gouvernement a reconnu que le projet de loi risquait d’entraîner un report de la présidentielle censée avoir lieu fin 2016. Pour ses détracteurs, le texte est un « coup d’Etat constitutionnel » destiné à permettre à M. Kabila, au pouvoir depuis 2001, de rester plus longtemps au pouvoir alors que la Constitution lui interdit de se représenter.

Selon AFP