L’horreur vécue quotidiennement par des millions d’hommes en Syrie, en Irak et en Libye a été transposée, subitement au cœur du monde occidental, en plein cœur de Paris, le centre de la civilisation occidentale. En assassinant l’élite de l’art, de la caricature et de la presse iconoclaste et satirique française, en décapitant toute la rédaction de l’hebdomadaire français, les terroristes de DAECH ou de l’une de ses branches, viennent de mettre l’Etat français à genoux et à travers lui tous les Etats occidentaux qui règnent sur la planète. Des terroristes qui, selon le témoignage d’une caricaturiste rescapée, parlent un excellent français, ce qui laisse peu de doutes quant à leurs origines. Un vieux proverbe arabe dit : «  votre marchandise vous est rendue !» qui signifie la même chose que le proverbe français : « L’arroseur arrosé ! ». Sans attendre les conclusions d’une enquête qui ne seront jamais connues, comme c’est le cas de plusieurs de ces affaires où les exécutants ne sont jamais les commanditaires, il apparaît certain, que des réseaux terroristes dormants composés de jeunes français envoyés combattre en Syrie sont entrés en action. Ceux-ci semblent de plus en plus actifs sur le sol français depuis que la France de Sarkozy et de Hollande s’était mise à fricoter avec les jihadistes de tout bord, en Syrie, en Irak et en Libye pour servir des objectifs d’une puissance en déclin. Il y a à peine quelques jours, trois attentats, contre de simples civils et des policiers furent perpétrés par des individus qui scandaient à chaque fois « allah Akbar », mais les autorités françaises ont à chaque fois récusé la thèse de l’attentat terroriste, comme pour exorciser le mal. Cette fois-ci l’Etat Islamique (EI) a revendiqué clairement et nettement l’attentat et notre journal a publié exclusivement cette déclaration.

Mais l’attaque contre Charlie Hebdo, un journal qui utilise la provocation comme fond de commerce, ce qui est de bonne guerre, notamment contre le symbole de l’Islam, le prophète Mohammed (que Dieu le bénisse) vise à semer la terreur en France et à atteindre un haut lieu de la liberté d’expression, non seulement en France mais dans l’Europe entière. Cependant c’est aussi le revers de la médaille d’une politique étrangère de la France qui renoue avec l’interventionnisme d’antan, en Libye et en Syrie. En soutenant des organisations islamistes et terroristes contre un régime répressif et dictatorial mais laïc, la France avait tourné le dos aux principes de sa révolution, et s’est mise à soutenir les islamistes là où ils sont comme notamment en Tunisie et en Libye, sans parler de la Syrie. Ces terroristes qui sont allé tuer des syriens étaient auréolés par la presse française comme des « combattants pour la liberté et la démocratie », tant qu’ils commettaient leurs horreurs loin du sol de l’Hexagone, mais redeviennent terroristes, ce qu’ils sont en réalité dés qu’ils reviennent chez eux. Quelques centaines sont déjà revenues en France et c’est certainement parmi eux que furent recrutés les assassins de Cabu, Wollinsky et autres grands maîtres de la caricature et du rire. Et dire que les médias français toujours victimes de leur alignement sur la politique étrangère de leur pays continuent à nous faire la leçon sur les islamistes de chez nous. Des dizaines de journalistes et d’artistes furent exécutés en Algérie, en Syrie, en Irak par ces mêmes criminels, des centaines furent persécutés, menacés de mort chez nous par ces phalanges qui firent irruption des limbes de l’Histoire, lorsque les amis de la France socialiste gouvernaient au sein de la Troïka le pays et les protégeaient au nom de la sacro-sainte liberté d’expression. Pourtant tous les journalistes tunisiens, tous les intellectuels, tous les artistes sont endeuillés par cette mise à mort de leurs amis et copains, parfois personnels et sont tous solidaires avec le peuple français dans cette épreuve sanglante, même s’ils ne partagent pas les excès islamophobes de certains parmi ses élites.