Le groupe (5+1) dans une tentative de la dernière chance a fini par prolonger les négociations avec l’Iran de sept mois pour espérer aboutir à un accord sur le nucléaire iranien. Touts pousse à croire qu’aucune des deux parties n’a voulu consentir à des concessions. Ce qui est sûr, c’est que ces négociations ne se sont pas limité à des considérations purement techniques concernant l’enrichissement de l’Uranium, mais ont englobé des dossiers politiques et stratégiques d’une grande importance. Les dossiers syrien et irakien ont du y occuper une bonne place. En effet le « front » 5+1 a du réaliser que désormais, l’Iran est devenu un partenaire très difficile à contourner dans toutes les équations régionales que connaît la zone et qu’on ne peut plus ignorer son influence et sa présence sur les champs des batailles et sur les intérêts très complexes dans la région.

Chercher les convergences

Le diplomatie iranienne est connue pour son endurance face aux difficultés générées par les sanctions économiques, jouant du dossier de l’enrichissement de l’Uranium, en manœuvrant avec les cartes irakienne, syrienne, libanaise et yéménite et en se positionnant comme une partie intégrante de l’Asie centrale, voisine de la Chine, de la Russie pays puissants, contrairement à ses voisins moyen-orientaux. L’évolution de la position américaine vis-à-vis du dossier iranien n’est donc pas une surprise sachant que les U.S.A sont d’abord commandés par leurs intérêts. L’administration américaine se dirige en effet vers une normalisation de ses relations avec son homologue iranienne en raison de l’échec de la politique des pressions pratiquée jusqu’à lors pour contenir les ambitions nucléaires iraniennes. Les rapports de force ont en effet évolué dans la région et il est plus conseillé, vu du côté américain, de chercher plutôt les convergences des intérêts que les divergences.

 L’Iran opère un virage

Est-ce par nécessité ou en raison des bouleversements survenus que la déclaration inhabituelle de Monsieur Mohammed Ali Essahbani, conseiller des affaires étrangères iraniennes viennent critiquer l’ex premier ministre irakien Nouri El Maliki, très proche de l’Iran pour avoir suivi une politique lors de son passage au pouvoir qualifiée de sectaire et qui aboutit à la création d’un vivier pour l’organisation de l’Etat Islamique. Il a aussi critiqué l’attitude du régime syrien vis-à-vis de son opposition qui avait des revendications pacifiques et légitimes. Ces déclarations inhabituelles d’un haut responsable iranien à propos des dossiers syrien et irakien posent plusieurs points d’interrogations. Allons-nous vers un changement progressif de la position iranienne officielle suite à des arrangements avec les américains et pour préparer les résultats des prochaines négociations ? Il se peut aussi que ces déclarations soient des messages et des manœuvres visant à rassurer les voisins du Golfe qui considèrent que tout accord entre l’Iran et l’Occident ne peut que menacer leur sécurité, leurs intérêts et leur influence dans la région. Ce qui est certain, c’est que les sept mois de « prolongation » seront riches en évènements et en bouleversements dont le moindre n’est que la décision du gouvernement saoudien lors de la réunion de l’OPEP à Vienne de maintenir la moyenne de la production de brut, ce qui aura pour conséquence de faire chuter le pétrole à moins de 70 dollars le baril après avoir plafonné au dessus de 120 dollars. Cette chute brutale menace sérieusement l’économie iranienne basée exclusivement sur le pétrole. Que fera l’Iran face à cette nouvelle menace ? Laquelle est la plus puissante, l’arme du pétrole ou celle du nucléaire ?

Par Hanen MONCEF