Mesdames, Messieurs de la HAICA

La nomination de dirigeants de l’audiovisuel étatique est l’une de vos missions. Après une lutte acharnée que vous avez menée contre le gouvernement de Laraedh, et avec la venue de Mahdi Jemaa, vous avez réussi à imposer vos choix et vous avez nommé M. Ltaief à la tête de la télévision nationale et A. Tebbib à la tête de la radio nationale. Ces choix étaient le fruit d’un appel à candidature et suite aux études de dossiers et aux entretiens avec les candidats. D’ailleurs vous étiez très convaincu de M. Ltaief, alors que la candidature de A. Tebbib ne vous a pas emballées. L’un d’entre vous a même dit : « dommage qu’on n’a pas reçu une candidature à la radio aussi balaise que celle de la télévision ».

Six mois sont passés depuis ces nominations. Force est de constater que le bilan de A. Tebbib à la radio est de loin plus convaincant que celui de M. Ltaief à la télé. En effet, aujourd’hui la radio nationale s’est dotée d’un site web comparable aux sites des grandes radios étrangères, les programmes des différentes radios régionales ont été revu de fond en comble, ces stations ont aujourd’hui des grilles attractives, cohérentes et répondent aux normes internationales. A. Tebbib a aussi réussi à imposer son style de management, à savoir, fixer des objectifs, suivre les réalisations, encourager le travail collégial et faire revenir des stars qui ont déserté les studios de La Fayette à l’antenne. Quant au bilan de M. Ltaief, il suffit de suivre les programmes de la première chaine pour s’apercevoir, non seulement qu’il n’y a aucun changement, mais que la dégradation est extrêmement nette. La chaine qui coûte des millions de dinars par an aux contribuables ne fait que diffuser les anciens programmes des années quatre vingt et quatre vingt dix. Ce n’est plus une chaine de télé, c’est plutôt une boite d’archives que Monsieur Ltaief nous propose depuis quelques mois. Il s’est même permis de demander une rallonge budgétaire de deux millions de dinars pour l’organisation de soirées électorales, ce qu’il a obtenu. Ces soirées ont clairement montré les limites de l’actuel PDG de la télévision nationale. Pour la première soirée, il a voulu imposer Faouzi Jrad à la réalisation alors que celui-ci n’avait même pas le temps d’assister aux réunions puisqu’il est occupé à Express FM. Qu’à ce la ne tienne, il lui a offert la présentation d’une tranche de la soirée. Ce dernier le lui a bien rendue, en le félicitant sur antenne (Reflexe BAATH EL KANATE de Hannibal oblige). Il a refusé le directe du premier ministère, ce qu’il a accepté à la soirée du deuxième tour de la présidentielle. Il a refusé l’invitation de Hassanine Haikel pour motif, qu’il est avec le coup d’Etat en Egypte ; il a refusé l’invitation de Delanoë pour motif qu’il est juif. Il n’a accepté que l’invitation de Azmi Bchara (ce dernier n’a pas pu venir). Pour la deuxième soirée, il a décidé de changer toute l’équipe et réimposer F. Jrad à la réalisation avec Amel Echahed. Le fiasco fût total, et il était obligé d’appeler Iheb Chaoueche et Ilhem Ketani à la dernière minute pour présenter la soirée. A la troisième soirée, il refait la même chose, une toute nouvelle équipe à la manœuvre. M. Gharbi à la réalisation et B. B. Akacha à la présentation. Certes, il s’agit de deux journalistes qui ont fait leurs preuves sous d’autres cieux. Aussi, B.B. Akacha collabore avec la télévision tunisienne depuis un moment. Mais Monsieur Ltaief, n’est pas au courant que M. Bengharbia est entrain de monter une nouvelle chaine de télévision et d’ailleurs la Haica lui a octroyé le visa. En collaborant avec ce dernier, sachant qu’il s’agit d’une aventure sans lendemain, M. Ltaief cherche le coup d’audience. C’est comme ça, Mesdames, Messieurs de la Haica, que le PDG que vous avez nommé gère la télévision nationale.

Personne ne vous reprochera le mauvais choix, que vous avez fait en nommant M. Ltaief au poste de premier responsable de la télévision publique. Par contre, on vous reprochera de ne pas avoir corrigé cette erreur.

 

                                                                                                                    Bassam Khalef