Gabriela Knaul, rapporteur des droits de l’homme pour l’ONU a urgé « Les autorités tunisiennes d’adopter la législation nécessaire pour appliquer la constitution en garantissant l’indépendance des juges, des procureurs et des avocats, en concertation avec les représentants de ces corps judiciaires et avec les autres parties ». Cela signifie, que quatre années après les évènements de 2011, on est loin de l’indépendance de la magistrature tant annoncée. Cette déclaration survient après la visite effectuée en tant qu’experte indépendante de l’ONU pour évaluer et superviser le degré d’indépendance de la magistrature. Elle a déclaré que les principes énoncés par la constitution doivent êtres traduits en pratique… Elle a rappelé qu’en principe, le conseil suprême de la magistrature doit être mis en place avant Avril 2015 et la cour suprême avant Octobre de la même année. Elle a insisté pour que la Loi stipule impérativement le nombre de magistrats qui doivent constituer le Conseil suprême, comment ils doivent êtres nommés et leur mandat défini. La loi devrait, selon elle, préciser les critères et les procédures de sélection, de désignation et de promotion des juges et des procureurs. Elle a en outre critiqué le ministre de la justice qui, en 2012 a démis de leurs fonctions 80 juges illégalement (Noureddine Bhiri). Elle a surtout insisté pour que toute personne arrêtée soit impérativement informée de ses droits et doit avoir immédiatement un avocat comme le stipule la nouvelle constitution.

Le rapporteur de l’ONU a passé 9 jours en Tunisie où elle a rencontré des membres du gouvernement, de l’A.N.C, des juges, des procureurs, des avocats et des représentants de la société civile. Son rapport sera présenté au conseil des droits de l’homme de l’ONU en Juin 2015.