L’information a circulé sur la toile à une vitesse vertigineuse, ce Dimanche 7 décembre. Rached Ghannouchi, Président du parti Ennahdha a bien menacé de démissionner, si le conseil de la choura, sorte de parlement du parti ne tranche pas la question de ne plus soutenir Moncef Merzougui dans sa quête de gagner le second tour des élections présidentielles face à son rival Béji Caïd Essebsi. Des sites électroniques proches du mouvement ont vite relayé l’information, ainsi que la plus part des journaux Web. Les radios n’ont pas été du reste et notamment Shems FM ou les deux journalistes Hamza Belloumi et Mokhtar Khalfaoui ont tenté de presser Ziaed Ladhari porte parole du parti de préciser la position du conseil quant au soutien de Marzougui. Celui-ci n’a pas démenti contrairement à ce qu’ont conclu hâtivement la plus part des médias électroniques. A la question si oui ou non Ghannouchi a menacé de démissionner si le conseil n’approuve pas sa position, Ladhari a longuement louvoyé avant de dire qu’il ‘n’est pas au courant’, ce qui équivaut pour un porte parole tenu à ne pas divulguer les dissensions au sein de son parti, à un OUI. Il s’est retranché derrière des généralités sur les biens faits de la « neutralité » (sic !), sans prononcer un non clair. « Je ne suis pas au courant », sur la bouche d’un porte parole, s’agissant d’une affaire aussi grave pour son mouvement est tout simplement une dérobade.

D’autre part la possibilité d’une telle position de Ghannouchi est réelle, comme lorsqu’il avait usé du même stratagème lorsque Larayedh se cramponnait au poste de premier ministre, refusant de démissionner malgré les énormes pressions intérieures et extérieures. Ghannouchi, s’adressant à ses militants leurs aurait dit : «  On se retire du gouvernement ou attendez vous à retourner en prison ». Cette fois-ci, il est allé plus loin en invoquant la « situation régionale et internationale «  défavorable au mouvement. Il leurs aurait expliqué qu’un éventuel succès aux présidentielles de Marzougui, soutenu comme tout le monde le sait par Ennahdha, serait une aventure aux conséquences désastreuses pour le pays et le parti. Il leurs aurait agité l’exemple égyptien. Ghannouchi sait en plus que le vent est en train de tourner de l’autre côté de l’Atlantique.